Journal de tryst,
Milieu 1485, Cimmérie du sud.Il y a de cela 10 jours, une rumeur parcourut la troupe. Siobhan, lasse de devoir convaincre les tribus de la rejoindre, se decidait à remonter vers le nord au plus vite pour frapper les armées de Fearghus avant qu'elles ne prennent les devants. Et cela sans s'occuper du dernier chef cimmérien qui aurait pu la rejoindre. J'ai demandé alors aux Cimmériens de la troupe de me dire combien d'homme il etait encore possible de recruter dans cette tribu. Peut être 300 me dit-on, avec son influence sur les clans isolés. C'etait non négligeable et cela pouvait même s'avérer decisif pour notre bataille à venir.
Et j'ai sus alors que le moment etait venu pour moi de faire intervenir mes talents. Il etait temps pour Tryst, fils de Baltius de sortir de sa torpeur et de devenir un loup, mais un loup rusé.
J'ai demandé une entrevue avec Siobhan. Elle debordait d'energie. La terre de Cimmérie la rendait encore plus eclatante que jamais mais j'ai essayé de calmer son ardeur. Je ne sais pas comment j' ai trouvé la force ni le courage de lui avouer une partie de mon passé. Cela ne sembla pourtant pas la pertuber. Mais Je fus obligé de le faire. Je voulais qu'elle m'accorde sa confiance pour la mission que je me proposais d'entreprendre.De par ma franchise, mon esprit d'entrepise, comme à son habitude, elle laissa son coeur la guider.
Que j'aimerai pouvoir faire en autant avec tant de générosité d'âme! Je suis peut être trop réfléchit pour cela, trop calculateur, ou trop peureux pour le faire . Toujours etait-il qu'elle me laissa deux semaines pour essayer de convaincre une des dernieres tribus de cimmérie du sud succeptibles de nous rejoindre de le faire. Siobhan n'avait rien à perdre apres tout. Je pris avec moi deux rudes cimmériens, dont un chef de clan . Je savais que cela aurait son effet.
Nous ne fumes pas ennuyés lors du voyage. J'ai passé un agréable moment en compagnie de ces fières guerriers . J'ai en tout cas beaucoup appris sur eux et leurs croyances au cours de ce voyage et pour cela, je leur en remercie. De plus, avec nos petites joutes verbales, j'appris à connaitre leur façon de réagir. Cela me fut tres utile dans ma tache.
Quatre jours apres notre départ, nous arrivâmes au village en question. Le chef hesita quelques instants à s'entretenir avec un etranger, mais "mes" cimmériens firent leur effet et le convinrent de m'ecouter.
Je vais essayer de retranscrire au mieux la conversation qui s'engagea.
"-
Bonjour à toi, noble chef de Cimmérie. Je suis honoré que tu acceptes d'ecouter un etranger comme moi " lui dis-je en le saluant devant ses hommes.
"-
C'est un bien grand honneur que je te fais là en effet" me repondit-il fièrement. Avant de refermer mon "piège" si on peut le qualifier ainsi, je dus déjà amener le chef de tribu à mettre en avant cette fierté toute cimmérienne.
"-
Je le sais. Je ne suis qu'un aquilonien et vous vous demandez donc ce qu'un homme comme moi avec un roi comme le mien peut bien faire dans vos nobles contrées."
"-En effet, les aquilonniens ne savent pas choisir leur chef ! Nous autres Cimmérien sommes un peuple fier et ne tolererons jamais pareil despote ! Pas plus qu'une armée etrangère menée par une femme !"
Decidément ce cimmerien me facilita la tâche. Je pus lançer ma première estoquade.
"-
Oui, je le sais et c'est pour cela que je préfère venir me battre pour la noble Cimmérie. Car si l'Aquilonie a un despote comme roi, celui-ci protège au moins ses frontières. Alors que celui qui rêve d'etre roi de Cimmérie offre son territoire aux peuples barbares du nord. Qui est alors le plus despote ?"
Le chef ne dit rien.
"-
Et oui Siobhan, est une femme. Mais elle veut delivrer la cimmérie des attaques des hordes du Vanaheim et pour cela elle a dut reunir une armée d'etrangers. Car les cimmériens semblait alors plus occupés à se battre entre eux."
"-C'est une insulte ......" repondit il. Le loup qui sommeillait en lui s'offrit à moi. Je dus alors l'amener hors du terrier. Avant qu'il ne se saississent de son arme je poursuivis:
"-
Oui c'est une insulte mon seigneur, mais pas une insulte gratuite croyez moi! Je respecte infiniment le peuple cimmérien, aucun peuple n'est plus fière que lui, aucun peuple n'est plus libre que lui. Vous êtes le symbole même de la liberté dans sa valeur la plus noble ! "
Que j'ai aimé ce moment. J'etais comme au thêatre, le theatre de la vie. Cela me rapella mes discors enflammés avant les batailles. Sauf que là, plus que jamais, je croyais en ce que je disais. Au moins sur le fond.
"-
Mais que font alors ces guerriers quand un homme laisse son peuple à la merci d'envahisseurs venus du nord ? Que font ces nobles cimmériens lorsqu'il s'agit de mettre de coté leurs querelles pour combattre la tyrannie d'un homme ? "
et mon piège prit forme.....
"-
Allaient-il laisser une femme et une armée d'etrangers, seuls, montrer au monde que la cimmérie est un pays libre ? Ou allait-il une nouvelle fois prouver à tous que quelque soit le temps et quelques soit l'ennemi, les cimmériens se leveraient d'un seul homme pour chasser tout usurpateur qui oserait laisser souiller ne serait ce qu'une parcelle de terre par de viles envahiseurs venus du nord. Qu'ils se leveraient pour combattre tout homme qui offre à ces barbares la terre de ses ancêtres !"
Et regardant les hommes autour du chef je refermis le piège.
"-
Allez vous me laisser , moi , un aquilonien qui ne sait pas choisir son chef, combattre seul les valeurs qui sont les vôtres ? Allez vous me faire mentir lorsque je parle de votre peuple comme je l'ai fait ? Allez vous ne pas réagir et ne pas rejoindre les autres cimmériens qui eux, ont decidé de se battre, non pas pour Siobhan, non pas pour moi, mais pour ce en quoi nous croyons tous : la Cimmérie libre ? Allez vous aider Siobhan à veritablement rendre la Cimmérie aux cimmériens ?"
Je laissa les hommes murmurer quelques temps et le chef, perplexe, les regarder. Il fut temps alors de conclure.
"
Alors, qu'elle est la decision du noble chef cimmérien conernant l'avenir de sa terre et de son peuple?"
Et je me mit un genoux à terre.
Et me voila, avec 200 hommes de troupes, à rejoindre le camp . Tryst de la clairière ressemblant à un chef cimmérien, qui l'eût cru ! Il se fait tard, demain nous arriverons au camp. Et la marche des loups pourra reprendre. Et cette fois-ci, pour la guerre !!!
_________________
