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| | [BG] Isil - Chapitre XX - La Diversion | |
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| Auteur | Message |
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Isil Conseil des Anciens Chargé de mission Diplomatie


Age : 47 Inscrit le : 20 Avr 2008 Messages : 706 Feuille de personnage Race: Aquilonien Classe: Ranger Profession: Faiseur d’armes
 | Sujet: [BG] Isil - Chapitre XX - La Diversion Sam 14 Juin - 16:59 | |
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CHAPITRE XX
- "La Diversion" -
Le soir était tombé et autour du feu, Isil observait un homme qui se tenait debout, immobile depuis un long moment, comme perdu dans des pensées profondes. C’était Maleo, celui qui semblait donner des ordres à toute la petite troupe dont elle n’avait jusque là aperçu que des visages furtifs et discrets. Seules deux personnes étaient venue la trouver : l’étrange turanien nommé Drim et un cimmérien appelé Hepner, bel homme et très souriant, qui lui avait fait bonne impression. Sa courte conversation lui avait mis du baume au cœur car elle se sentait parmi eux comme totalement étrangère jusqu’à se demander parfois, si elle était vraiment la bienvenue.
Si ce n’avait été Herana et l’idée de pouvoir pénétrer dans la demeure fortifiée des Adorik, elle se serait enfuie de ce campement sans demander son reste. Mais déjà, elle sentait naître en elle un curieux sentiment d’affection pour la brune cimérienne et ne voulait pas la décevoir.
Elle nota que quelques autres « loups » s’étaient rapprochés du feu en silence et les flammes jetaient sur eux leur lumière dansante qui accentuaient cette impression de complot qui flottait dans les airs.
D’une roulotte sortit une femme, une autre cimmérienne sans doute aux cheveux longs et bruns légèrement ondulés qui la chercha du regard avant de s’approcher d’une démarche féline. « Isil je présume ? Enchantée de faire ta connaissance. Je suis Nyrina, Thane des Cerfs Blancs. »
Elle mit une main sur sa poitrine et inclina la tête, de manière quasi imperceptible. Isil leva ses grands yeux bleus un peu perdus et un sourire se dessina sur son visage. « Oui, je m'appelle ainsi… »
Elle se releva très lentement et plia un genou avec grâce. « Moi aussi, je suis enchantée de vous connaître... j'ai l'impression d'avoir tant de monde à connaître ce soir... et je ne sais pas pourquoi..."
Elle échangea quelques amabilité avec la thane, puis celle-ci lui demanda d’approcher du feu comme les autres et lui laissant présager un départ tout proche. « Je vais donc chercher mes affaires, répondit doucement la jeune fille… je n’en ai que pour un instant… »
Dans la roulotte il y avait Herana à moitié nue qui campait devant son miroir tout en s’équipant d’une armure de cuir et de tout ce qui allait avec. Isil admira ses épaules puissantes et la finesse de son corps malgré des muscles saillants habitués à l’exercice physique, ses seins fermes et très joliment galbés mais remarqua surtout la dureté de son visage et l’expression fermement résolue de son regard. La jeune fille bafouilla timidement un mot d’excuse qui resta sans réponse puis s’approcha de ses affaires. Elle glissa la dague qu’Elamir lui avait offerte pour ses dix-sept ans - trois ans déjà - dans le fourreau de sa ceinture de cuir et elle ajusta la grande épée de son père - forgée également par Elamir et Vaener le maître forgeron de Valaar - dans un grand fourreau rigide qu’elle passa en bandoulière dans son dos. Enfin elle croisa son carquois avec l'épée, prit son arc qu'elle posa sur une épaule, plia sa cape qu'elle mit dans sa besace élimée et ressortit.
Timidement elle approcha du feu la tête baissée rejoint par la thane qui l’avait patiemment attendue. Maleo, assis, regardait attentivement tous les autres prendre place tour à tour dans un cercle autour du foyer crépitant... Il venait d'interpeller un certain Calintz pour l'envoyer chercher quelque chose caché dans une forêt...
Elle se plaça sans mot dire à côté de Nyrina un peu honteuse de son manque d'équipement et de son habillement... si léger. Certes, pour abattre quelqu'un avec son arc elle n'avait ni besoin de bottes, ni d'armure... mais ce qu'elle gagnait en agilité féline elle le perdait en protection...
Elle regarda tour à tour des visages qui n'évoquaient encore pour la plupart aucun nom... cela viendrait en son temps.
Isil regarda discrètement Drim, l'étrange personnage qui leur faisait signe. Le turanien présentait la silhouette inquiétante d'un homme en grande partie dissimulé dans des bures grisâtres, le visage dans l'ombre d'une capuche. Il paraissait sombre, le teint couleur de miel brun, les traits dur sans émotion. La jeune femme lui sourit légèrement. Son père lui avait appris à ne pas juger un être sur ses apparences extérieures... elle se demanda de quelle trempe il était et ce qu'il pouvait y avoir au fond de son âme.
Maleo, le shaman regarda tout à tour chacun des visages en marmonnant quelque chose d’indistinct et se releva, le regard subitement clair, le visage grave et tendu, en rajustant son manteau de fourrure noire. « Asseyez vous ! ordonna-t-il à l’attention des Loups présents. Il y a des choses que je dois vous dire maintenant. »
Il prit une longue et profonde inspiration. « Ce soir, nos efforts vont enfin être récompensés. Nous avons reçu un message par les valets de Demetros nous demandant de divertir cet infâme seigneur d'Adorik ce soir. »
Le Cimmérien eu un rictus énervé et dégoûté en prononçant ce nom. « Alors il n'y a pas de temps à perdre, l'effet de surprise sera a son zénith sous peu et nos meilleures chances de réussite dans le même temps, acheva-t-il en expirant complètement. Vous allez donc tous vous préparer à faire diversion en amusant de votre mieux l'assemblée de ce soir et pendant qu'ils se divertiront, ceux d'entre nous qui sont déjà dans la place libéreront et feront échapper les prisonniers... »
Maleo observa chacun des Loups présents. « Ce n'est pas la peine que je vous en dise plus pour le moment, mais il y a deux choses importantes que vous devrez garder à l'esprit...dit le Shaman, tout en replongeant son regard dans le feu crépitant. Premièrement, ne montrez jamais votre visage et ne vous appelez jamais par votre nom. Si quelqu'un le voit ou l'entend, il devra mourir… »
Maleo leva un deuxième doigt devant lui. « Deuxièmement, aucun des Loups ne doit être laissé vivant sur place, sous aucun prétexte... »
Et il lança un regard sévère et triste à la fois. « Les blessés intransportables devront être achevés. »
Isil frissonna malgré elle, impresionnée par la solennité du moment et la gravité qu’elle pouvait déchiffrer sur chaque visage. Le Shaman voulait faire comprendre a tout les Loups l'importance de la tache qu'ils allaient accomplir, et celle-ci ne serait une victoire totale que si, et seulement si, leur visage et leur noms restaient un secret pour toutes les personnes potentiellement dangereuses pour les Loups.
Il se retourna a nouveau vers l’assemblée réunie. « J'ai fait préparer des cape pour tout le monde, elles nous aideront à passer inaperçus et dissimuleront nos visages… la nuit fera le reste. »
Il montra du doigt un tas de vêtements dans une des carrioles, marcha jusque à eux et en revêtit un comme pour montrer l'exemple.
Alors que les autres Loups commençaient à l’imiter, Maleo interpella Herana d’un geste qui la fit venir près de lui et murmura quelque chose à son oreille tout en regardant successivement Isil puis Hepner pendant quelques secondes. Il se retourna vers les Loups de nouveau. « Maintenant, préparez vous, camarades, dit-il de sa voix caverneuse et convaincue, nous partirons dans quelques minutes. » C'était enfin arrivé... Ce n'était plus qu'une question de temps pour Herana la guerrière, impatiente de retrouver sa soeur et de fuir le plus loin possible de ce pays rempli de haine et de mal. Elle s'avança vers la jeune blonde, Isil et jeta près d'elle un sac. « Une tunique en maille, des brassards ainsi que des bottes renforcées en cuir... Ne me remercie pas, je ne pouvais quand même pas te laisser partir si peu vêtue... vite, si tu ne veux pas manquer l’heure de la vengeance ! »
Elle lui tourna le dos, regardant chaque membre de cette troupe qu'elle côtoyait depuis trois longues semaines. Puis Herana retourna dans sa roulotte pour prendre un dernier objet... Dans une petite boite, qu'elle ouvrit à l’aide d’une petite clé dorée, se trouvait son trésor : un collier ou plutôt un gri-gri, fait de dents et d'autres matières difficiles à identifier... « J'arrive, petite soeur, j'arrive... murmura-t-elle. »
La cimmérienne était bien équipée : une petite hachette sous sa cuisse gauche, trois dagues de lancer contre l'autre. Une épée de taille moyenne sur le côté ainsi qu’une longue aux formes destructrices dans son dos. Venaient s’ajouter un arc et son carquois plat qui n’emmagasinait que dix flèches aux pointes ravageuses. Elle se regarda dans la glace sale. Un dernier regard. Posée à côté, une fiole remplit d'une substance étrange qu’elle avala d’une traite. Puis, elle appliqua avec soin une sorte peinture noire sur son visage. Le même rituel depuis ses dix-sept ans, depuis neuf années d’une guerre longue et porteuse de sang. Mais cette soirée était spéciale, elle suivrait ses propres règles... « Par Crom... J'ai changé. Que suis-je devenue ? Je ne me reconnais plus, j'ai tellement changé... Mais peut importe, ce que je vais faire, je ne le ferai pas pour moi, mais pour toi, petite soeur... »
Elle sortit de sa roulotte, rejoignant les autres, prête pour le grand soir. _________________

Dernière édition par Isil le Mar 24 Juin - 12:48, édité 1 fois |
|  | | Isil Conseil des Anciens Chargé de mission Diplomatie


Age : 47 Inscrit le : 20 Avr 2008 Messages : 706 Feuille de personnage Race: Aquilonien Classe: Ranger Profession: Faiseur d’armes
 | Sujet: Re: [BG] Isil - Chapitre XX - La Diversion Sam 14 Juin - 16:59 | |
| Pendant que la guerrière se préparait, Isil avait ouvert le sac qu’elle avait jeté à ses pieds et s’accroupissant, elle l’avait ouvert. Personne ne disait mot autour de ce feu. C’était sinistre. La chaleur humaine ne paraissait pas être le fort de cette curieuse compagnie, du moins en ces instants que la jeune fille sentait empreints d’une gravité oppressante. Pas de rires, pas de plaisanteries, rien… le moindre mot prononcé avait son utilité. Elle se releva et loin de s’occuper de la compagnie qui l’entourait, elle se dénuda entièrement en ôtant sa tunique de tissu qu’elle plia et rangea dans son sac, pour revêtir la tunique de mailles. Elle ajusta les brassards bien maladroitement, prouvant qu’elle n’avait pas l’habitude de revêtir des habits de guerre, puis s’accroupit et enfila les bottes renforcées. Elle posa son arc à terre.
Ainsi accoutrée, elle se releva et alla s’enquérir d’une de ces capes que Maleo avait désignées, se glissa dans l’une d’elle et revint près du feu. Puis elle s’approcha du foyer et s’empara d’un morceau de charbon de bois avec lequel elle se macula le visage sous l’œil narquois d’un grand guerrier musclé à tête rasée qu’elle avait entendue appeler Soton.
Revenant à sa place, elle imita le nommé Silgan et sortit sa dague pour inciser la cape de deux fentes : une pour sortir son épée, une pour accéder à son carquois. Puis elle remit son arc sur son épaule et reprit silencieusement sa place autour du feu en regardant Herana revenir vers leur groupe.
Tout le monde était prêt et la nuit était définitivement tombée. Maleo avait donné le signal du départ et la troupe s’était mise en route, lentement, silencieusement. « Enfin, se dit la jeune fille en regardant s’ébranler le cortège. Nous y sommes ! »
Isil regarda ses compagnons et Drim, l’étrange et sombre Drim, dont elle ne savait rien, sinon qu’il avançait les mains dissimulées dans les emmanchements de ses vêtements et qu’il ne paraissait pas porter d’arme sur lui. Elle se demanda de quoi il était fait et quelle sorcellerie il portait en lui.
Le campement avait disparu à leur yeux et maintenant la ville elle-même se fondait dans une obscurité à peine troublée par la lune et des nuages qui jetaient un reflet rouge sang sur la nuit.
Tandis qu’ils suivaient la route qui montait vers la colline, Maleo s’était retourné comme pour s’assurer que tout le monde suivait. Tout en haut, une grande et inquiétante demeure fortifiée offrait à leur regard une vision macabre.
C’est donc là qu’ils allaient ? Dans ce manoir se trouvaient ce Demetros qui détenait leurs amis. Mais plus important encore pour la jeune fille, quelque part entre ces murs se trouvait Marak le traître.
Isil tremblait. Elle avait peur. Peur que Ragnard lui ait menti après qu’elle eût accepté de se donner à lui contre ce renseignement primordial, juste avant qu’elle ne le décapite dans ce bordel de Tarente. Peur de perdre une nouvelle fois la piste qui devait lui permettre d’achever sa quête, d’accomplir sa vengeance… Peur également de l’après…
Maleo avait remonté la capuche de sa cape sur sa tête et Isil en fit de même. Elle se devait de rester concentrée pour être capable de faire exactement ce qu’on attendait d’elle et d’agir efficacement le moment venu.
Elle essaya de calmer son tremblement en s’efforçant de ne plus penser à rien.
Le Shaman se retourna vers les Loups en groupe derrière lui, eux-mêmes occupés à ajuster leurs dernières affaires. Tous semblaient concentrés, personne n'avait l'air d'avoir peur hormis la jeune fille blonde qu’Herana avait ramenée et qui semblait avoir du mal à réprimer ses frissons. Tout devait se dérouler tranquillement, sans faux pas...Normalement. Mais qu'adviendrait-il d'eux s'ils se faisaient repérer trop tôt une fois à l'intérieur de la forteresse ?
Il n'y avait pas de plan de secours et le Cimmérien ne savait pas si la meute en était consciente et si elle l'était, alors, il ne pouvait que respecter leur bravoure et leur espoir. Il fit face à la demeure qui leur faisait face, grande, froide et macabre. Leur but était là, brisé dans l’ombre d’un cachot humide et insalubre et il ne savait pas que « ses » Loups arrivaient pour l’en sortir. « J’ai fait atteler une carriole avec des coffres renfermant de quoi nous grimer pour le spectacle dans le but de ne pas être reconnus une fois la mission accomplie. Nous nous habillerons avant d’entrer en scène. Jusque là, laissez votre visage hors de vue des gardes, entonna le Shaman a demi-mot pour ne pas être entendu plus que de nécessaire. »
La troupe continuait sa montée lorsque une mélodie s’éleva doucement dans la nuit. Le grand guerrier, Soton, fredonnait un vieux chant de guerre Cimmerien, dont il avait depuis oublié les paroles. La mélodie troubla le silence de mort qui régnait dans la sinistre procession. Puis il cessa et se mit à haranguer ses camarades. « Compagnons, ce n'est pas avec vos têtes d'enterrement que nous passerons pour des saltimbanques... »
Le Shaman se retourna vers Soton, figeant son regard pour qu'il se taise alors que la petite troupe approchait des remparts. Les murailles qui se dressaient devant eux paraissaient infranchissables. Deux immenses tours encadraient la double porte de la propriété entièrement protégée par des murs de plus de trente pieds de haut. Sur le chemin de ronde, on apercevait les silhouettes des gardes qui déambulaient sous la clarté de la lune. « Ils sont bien mieux organisés que ce que je pensais… songea Maleo. »
Ils arrivèrent bientôt à la porte principale et les deux gardes levèrent leur pique vers eux. Deux archers dans chacune des tours du châtelet mirent en joue le petit groupe d’hommes qui s’était arrêté devant le château.
Maleo s’avança vers les gardes. « Qui va la ?! cria l’un d’eux. - Nous ne sommes pas la pour vous chercher querelle… énonça Maleo de sa voix la plus neutre possible, levant la main comme pour bien montrer qu’il n’était pas armé. « Qui es-tu ?! hurla l’autre garde sans même attendre la fin de la phrase. - Nous sommes la troupe du cirque ayant humblement élu domicile dans la bonne ville de Belverus depuis plusieurs jours. J’ai personnellement reçu un message de votre maître, Demetros, nous demandant de venir le divertir au plus vite… alors nous avons fait diligence et nous voilà. »
Sous sa capuche le Shaman prit un sourire moqueur, de derrière ses longs cheveux grisâtre, une lueur malsaine apparue dans ses yeux. Le garde grommela quelque chose indistinctement. Apparemment il ne semblait pas être au courant de l’arrivée des saltimbanques.
Maleo reprit d’une voix plus grave en tendant un parchemin portant le sceau des Adorik. « Montrez ceci a votre supérieur, je suis certain qu’il comprendra. »
Le garde s’avança vers le parchemin tendu et s’en saisit. Sans même le dérouler il courut vers la porte et disparut. Le silence retomba, angoissant, chacun scrutant de son mieux les murailles et les tours, comme si une surprise pouvait soudainement en surgir. Malgré lui, Maleo approcha sa main droite de son arme, la gauche prête à donner l’ordre d’attaquer…
Isil scrutait elle aussi la nuit, tentant d’imaginer ce qui se cachait derrière ces puissants remparts. Elle frissonna à l’idée que toute seule, elle aurait eu bien du mal à pénétrer dans la demeure qui abritait l’infâme Marak, sauf à y être invitée…et c’est certainement la solution qu’elle aurait été obligée de choisir si elle n’avait pas eu la chance de rencontrer Herana. Elle préférait de loin être là avec les loups que seule, livrée entre les griffes d’un personnage que les gens de la ville n’évoquaient qu’à voix basse après avoir regardé autour d’eux que nul espion de la famille Adorik ne pouvait les entendre…
Isil se tenait en queue du convoi, se dissimulant dans l’ombre d’un chariot et déjà elle avait repéré des arbres derrière lesquels elle pourrait se protéger si les choses tournaient mal, pour abattre les soldats qu’elle distinguait dans les tours de guet. Elle tâta d’une main le haut de son carquois à travers la découpe qu’elle avait faite à sa cape à l’instar de Silgan et vérifia qu’au besoin, elle pouvait en deux secondes en saisir une flèche.
Le plus dur était d’attendre une action qui ne saurait qu’arriver tôt ou tard… elle se demanda comment ensuite, elle parviendrait à trouver l’homme qu’elle était venue tuer. Elle regarda ses mains. Elles ne tremblaient plus, la tempête était terminée et elle redevenait maîtresse de son corps et de ses actes. Mais qu’arriverait-il une fois Marak mort ce qui n’allait pas tarder à arriver si tout se déroulait normalement ? Quel chemin devrait-elle emprunter ? Où aller et avec qui ? Retourner à Orandia chez Hiivsha le magicien et devenir sa femme ? Pourquoi pas… mais saurait-elle l’aimer une vie durant ? Elle se trouvait bien trop jeune pour s’enfermer en bonne épouse dans une ferme, prisonnière d’un village trop étroit pour ses élans de liberté et pour élever ses enfants… Continuer son chemin, errer sans véritable but, seule jusqu’à ce qu’elle tombe sous les coups d’un ennemi plus fort et risquer de finir en esclave dans quelque riche propriété ou dans un bouge sordide ? Pourquoi avait-il fallu qu’elle ne puisse épouser Elamir et vivre heureuse dans son pays natal qui lui manquait si cruellement ? Devait-elle retourner dans une région fantôme peuplée de souvenirs ? Pour faire quoi ?
Le garde était revenu pour porter l’accord de son supérieur et le cortège se remit en route à travers la grande entrée fortifiée. Isil se détendit et baissa soigneusement la tête pour ne pas se faire remarquer par les soldats.
La troupe traversa le châtelet et ils pénétrèrent dans une vaste cour au centre de laquelle était dressée une estrade, face aux fenêtres du logis du maître des lieux, une vaste bâtisse haute de deux étages.
Maleo venait de se retourner en lançant un coup d’œil à Herana tout en lui adressant un signe de la main qu’il cachait dans son dos, avant de regarder impérieusement Isil et, lui sembla-t-elle, Hepner, comme pour leur dire : « Suivez Herana ».
La cimmérienne ralentit sa marche pour revenir au niveau d’Isil qu’elle prit par les épaules tout en se rapprochant également d’Hepner puis elle murmura à leurs oreilles. « … au nord-ouest, vers la cour… une porte menant dans l’une des tours… on y va, en silence… »
Et tandis que la troupe se préparait fébrilement pour le spectacle destiné à amuser et à capter l’attention de l’ensemble des occupant du manoir, la jeune fille lui emboîta le pas sans hésitation, en espérant que les gardes qui surveillaient les environs ne se retourneraient pas. _________________

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