
Une guilde RP Age of Conan - Serveur Stygia |
| | [BG] Isil - Chapitre XXI - "L'Explosion" | |
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| Auteur | Message |
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Isil Conseil des Anciens Chargé de mission Diplomatie


Age : 47 Inscrit le : 20 Avr 2008 Messages : 706 Feuille de personnage Race: Aquilonien Classe: Ranger Profession: Faiseur d’armes
 | Sujet: [BG] Isil - Chapitre XXI - "L'Explosion" Dim 15 Juin - 13:46 | |
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CHAPITRE XXI
- "L'Explosion" -
Ils avaient couru dans l’ombre de la muraille, profitant du fait que les gardes, distraits par l’animation bruyante de la troupe qui s’activait, avaient momentanément baissé leur niveau de défiance.
La petite porte n’était pas fermée et pivota sur ses gonds. Herana entra la première avec le silence d’une panthère. Dans l’obscurité elle distingua un long couloir sombre qui s’enfonçait dans les murailles, faiblement éclairé par des torches chancelantes. Au dessus d’eux elle distingua les pas lourds d’un soldat qui allait et venait sur un chemin de ronde donnant sur des meurtrières permettant d’observer l’extérieur de la forteresse. Une échelle permettait d’y monter.
La cimmérienne s’accroupir légèrement et attendit que l’homme lui tourne le dos pour grimper silencieusement à l’échelle. D’un geste vif elle l’attrapa par la gorge et le fit basculer en arrière dans le vide, sauta derrière lui pour retomber sur son torse qu’elle transperça de sa dague. Ce fut bref et sans bavure. Un acte visiblement normal pour la guerrière qui se releva sans aucune émotion.
Nettoyant sa lame ensanglantée, elle se tourna vers Isil. « Vous pouvez retirer vos capes… toute personne qui nous croisera devra mourir ! Isil, où personne ne t’a donc appris à ajuster des brassards ? Le fer, toujours de ce côté… il te permet de frapper l’adversaire si tu es en difficulté ou désarmée… comme ça… bien… »
Herana lui caressa doucement la joue en souriant. Isil sentit un frisson la parcourir sous le contact de la peau douce et se troubla. Hepner toussota. « Prends bien garde à toi jeune fille, souffla la guerrière en se retournant. Bon, voici mon plan. »
Tandis qu’Isil se débarrassait de sa cape, elle s’accroupit et traça rapidement sur le sol avec la pointe de sa dague le plan des lieux. « Nous devons nous occuper des gardes postés sur les tours, sans que l'alerte soit donnée. On doit éliminer tous les gardes des quatre tours qui encadrent la grande cour dans laquelle se joue le spectacle. Je prends la plus grande, celle du nord-est… Hepner, tu prends les deux tours au sud et Isil celle de la chapelle au nord-ouest. Fais attention, il y'a deux gardes postés et tu ne pourras pas les éliminer sans que l’un deux ne donne l’alarme. Aussi, quand je serais sur la grande tour et que j’en aurai éliminé le garde, je me montrerai discrètement. A ton signal je tirerai sur le garde le plus au sud… tu devras au même moment en faire de même pour l’autre, soit par une flèche, soit à main nue et en silence. Evite de surestimer ta force physique contre ces soldats… tu es une jeune fille et tu n’es pas aussi fort qu’eux… Essaye de rentabiliser ton arc ! »
Elle souffla un peu puis reprit. « Hepner, tu devras t’occuper de deux tours, mais tu sais mieux tuer que moi dans l'ombre... On se rejoint dans la tour dans laquelle je me trouverai par les remparts ou les chemins de ronde intérieurs... Une fois fini, nous essaierons d'éliminer les patrouilles dans l'enceinte du château. Si j'ai bien compris le plan de Maleo, Trull, Xadars et Legindel, trois Loups déjà infiltrés, s'occuperont des prisonniers. C'est notre priorité. Il y a peu de chance qu'on sorte d'ici sans faire de casse. Donc restez prudent et silencieux et ne quittez pas les couloirs... Bonne chance ! »
Elle regarda de nouveau la jeune fille d’un regard affectueux avant de disparaître dans le couloir imité par Hepner qui prit la direction opposée. Isil se retrouva seule dans l’obscurité. Son cœur battait doucement et elle ne frissonnait plus. Le moment était venu, et elle se sentait confiante. En deux mots, elle était prête.
Elle longea vers le nord le couloir sombre, tenant dans sa main gauche son arc, dans sa main droite une flèche prête à être tirée… Elle se disait que malgré tout, Hérana la sous-estimait… en effet, elle se savait parfaitement capable de tirer deux flèches en moins de trois secondes ce qui lui donnait la possibilité d’abattre les deux gardes sans même qu’ils aient pu s’en rendre compte.
Mais un plan étant un plan, elle décida qu’il lui fallait obéir aux ordres de la cimmérienne. Elle était arrivée aux pieds d’un minuscule escalier taillé dans la pierre qui montait en colimaçon vers le haut de la tour de la Chapelle. Le haut de l’escalier de pierre débouchait à travers le plancher d’une salle qui occupait toute la surface intérieure de la tour. Prudemment elle se hissa jusqu’à ce que ses yeux soient à raz du sol et jeta un regard circulaire dans la salle de garde. Elle était vide. Deux lits sommaires en bois, un râtelier à armes garni de fléaux et de masses d’armes, deux arbalètes et une épée posée contre le mur, une armoire délabrée aux portes cassées, une table et quatre chaises bancales, formaient son ameublement.
Elle acheva de grimper les dernières marches et posa ses pieds sur le plancher grinçant de la salle. A travers les interstices du bois, on distinguait le vide de la tour et elle pensa que si jamais une de ces lattes s’avérait pourrie et cédait sous son poids, la chute serait longue et mortelle.
La pièce avait une ouverture donnant sur l’extérieur au nord-ouest, deux portes en bois, l’une donnant sur le rempart ouest et l’autre sur le rempart nord ainsi qu’une échelle qui montait vraisemblablement vers le haut de la tour où se trouvaient les gardes qu’elle avait furtivement aperçus à leur arrivée au château.
Silencieusement elle grimpa l’échelle qui donnait sur une lourde trappe munie d’un anneau. Elle la souleva avec difficulté pour pouvoir jeter un œil dehors. Les deux gardes se tenaient presque côte à côte et regardaient en discutant d’un air amusé vers la cour intérieure, là où se préparait le spectacle. Elle poussa la trappe mais celle-ci devait avoir les gongs faussés car elle entendit immédiatement le début d’un grincement horrible et, le cœur battant, elle stoppa net son mouvement. Les gardes ne semblaient pas avoir entendu, mais elle se rendit compte que si elle passait par là, s’en était fini de sa discrétion et compte tenu du poids de la trappe, elle ne pourrait jamais se hisser sur la plate forme, engager une flèche et tirer sans que les gardes n’aient le temps de donner l’alerte… de plus, comme ils étaient près l’un de l’autre, il lui était impossible d’en abattre un sans que l’autre le remarque.
Le plan d’Herana venait de prendre à l’instant tout son sens.
Il lui fallait donc monter sur la tour, faire signe à Herana et tirer sur un des gardes en priant que la cimmérienne en fasse autant, au même instant, sur l’autre garde.
Isil se dirigea vers l’ouverture et regarda à l’extérieur. Elle était à flan de muraille mais celle-ci présentait néanmoins des aspérités utiles à la prise. Elle avait souvent escaladé les flancs des montagnes des Quatre Vallées avec Elamir avant…
… avant… elle s’assombrit et des pensées obscures et douloureuses revinrent en elle. Elle voyait brûler son village de Valaar dont le sol était jonché de cadavres… elle revoyait Ragnard devant elle avant qu’il ne la…
Isil secoua la tête pour chasser ces mauvaises pensées et se concentra sur la muraille de la tour. Juste au-dessus d’elle des pierres carrées saillaient. Si elle pouvait les atteindre…
Elle enjamba la fenêtre et tourna le dos au vide en cherchant à tâtons une prise. Ses doigts en forme de crochets, elle pesa pour s’assurer de sa solidité et avança le pied qu’elle glissa dans une fente du mur. Lentement elle se hissa, centimètres par centimètres jusqu’à atteindre les pierres carrées grâce auxquelles elle put saisir le haut des créneaux. Elle se hissa dans l’ombre de la pierre. Les gardes étaient toujours penchés vers l’estrade et lui tournaient le dos. Se mettant debout, elle tenta d’apercevoir la silhouette d’Herana sur la tour d’en face. C’était risqué car il ne fallait pas que quelqu’un regarde précisément dans sa direction à ce moment précis.
Au loin elle distingua de son regard perçant une silhouette qui semblait attendre tapie dans l’ombre du sommet de la grande tour. Elle espéra que Herana avait fait son office et regardait à son tour en même temps vers elle. Elle montra son arc en indiquant le côté gauche – vers le nord avait dit Herana - pour indiquer le côté vers lequel elle allait tirer.
Retenant son souffle elle engagea la flèche et banda l’arc… compta jusqu’à trois et tira. La flèche se ficha dans le dos du garde de droite en lui perforant le cœur. Pratiquement au même instant une autre flèche en provenance de la grande tour arriva en sifflant et se planta dans la poitrine du second soldat. Isil bondit dague en main et se jeta sur lui pour l’achever, mais l’homme était déjà mort. Regardant par-dessus les créneaux, vers l’estrade dressée au centre de la cour intérieure, elle aperçut le nommé Aelred qui faisait son numéro provoquant diverses exclamations dans l’assistance. Cela semblait très réussi… « Bravo, Aelred, pensa Isil au fond d’elle-même. »
Elle se rendit jusqu’à la trappe qu’elle ouvrit sans s’occuper du grincement que désormais personne ne pouvait entendre puis descendit dans la salle de garde et ouvrit précautionneusement la porte donnant sur le rempart nord.
Curieusement il n’y avait pas de garde sur le rempart, preuve que Demetros avait dû concentrer ses hommes pour qu’ils surveillent la représentation qui commençait au milieu de la cour.
Elle se glissa parmi les ombres des pierres jusqu’à la grande tour où dans l’obscurité du couloir elle aperçut une ombre familière. « Herana, chuchota-t-elle ? C’est toi ?... Joli tir… je suis épatée… Hepner n’est pas là ? »
Un murmure se fit entendre derrière elle qui la fit sursauter. « Je suis là ! »
Il surgit comme de nulle part satisfait de l’effet qu’il venait de produire. « Désolé de vous avoir fait attendre mais, il y avait plus d’hommes que prévus… »
Herana le regarda d’un œil ravi et posa sa main sur son épaule. « Bien joué ! dit-elle simplement sans remarquer le sang qui s’écoulait de la blessure de l’homme »
Puis elle fit quelque bas, réfléchissant de la suite... « Venez voir ! »
Elle les emmena tout en haut de la tour maîtresse. De cet emplacement, la vue embrassait tout le domaine à des lieux et des hectares à la ronde. « Vous voyez le bâtiment, au nord d’ici ? C'est là où les gardes dorment et se reposent et en dessous, c'est la garnison, les salles d’armes et d’entraînement ainsi que la cantine... Il nous faut un moyen pour tout neutraliser, sans trop de résistance... Venez. »
Ils redescendirent et cette fois Herana les mena au rez-de-chaussée de la tour puis encore plus bas dans les sous-sols.
Isil et Hepner purent voir cinq corps de gardes, sans vie, la gorge tranchée pour certains et d’autres mutilés. Herana ne fit aucun commentaire et ses compagnons non plus. Ils arrivèrent devant une porte fermée. Herana l’ouvrit avec le trousseau récupéré sur le corps de l’un des gardes.
La porte grinça.
« Et voilà notre miracle ! Je savais que cette tour cachait quelque chose d’important vu le renforcement de ses murs ! ». _________________

Dernière édition par Isil le Dim 15 Juin - 13:48, édité 1 fois |
|  | | Isil Conseil des Anciens Chargé de mission Diplomatie


Age : 47 Inscrit le : 20 Avr 2008 Messages : 706 Feuille de personnage Race: Aquilonien Classe: Ranger Profession: Faiseur d’armes
 | Sujet: Re: [BG] Isil - Chapitre XXI - "L'Explosion" Dim 15 Juin - 13:47 | |
| Des tonneaux, des tonneaux remplis d'une substance encore peu connue et se présentant sous la forme d’une poudre noire. « C'est une poudre mortelle. Elle explose au moindre contacte avec une flamme. J'en ai déjà utilisé pour faire sauter une mine d'or en Ophir… Ça provient de Kithai, un pays très lointain, à l'Est... On va s'en servir pour faire sauter la garnison et le dortoir des gardes. On va passer par les tunnels du sous-sol pour arriver sous le bâtiment. Là, on entassera le maximum de tonneaux et on fera tout exploser. Les souterrains sont peu fréquentés… En fait, ils sentent tellement mauvais, que les gardes ne s’y aventurent guère... Allez, on va faire plusieurs allers-retours ! Si on réussit, il ne restera plus que les gardes postés en ce moment dans le château et les jardins, ainsi que la garde rapprochée de Demetros ! Vite ! »
Isil regarda les tonneaux qui devaient faire leur poids puis admira les muscles puissants d’Hepner. Dans un geste d’enfant, elle tâta ses propres biceps avec une moue. A ce moment précis, elle aurait préféré être un gros guerrier musclé qu’une archère.
Elle passa ses bras autour d’un des tonneaux en fléchissant ses longues jambes puis bandant tous les muscles de son corps elle se redressa péniblement en soufflant. « Pffff… un jeu d’enfant… il faut les amener où déjà ? demanda-t-elle crânement en rougissant sous l’effort tout en esquissant un sourire. »
En silence ils entassèrent quelques tonneau au prix de grosses gouttes de sueur qui mouillaient leur corps sous l’emplacement de la garnison. Les souterrains sentaient vraiment très mauvais, un mélange de pourriture et de mort, âcre, qui donnait envie de vomir. Isil plissait son nez de dégoût tandis qu’elle s’efforçait de respirer par la bouche pour éviter de trop être incommodée.
Herana avait rempli quelques sacs de poudre qu’ils avaient passés sur leurs épaules avec pour objectif de les monter dans les étages du bâtiment de garnison. Ils étaient juste en dessous des salles d’entraînement, armes et armures y étaient déposées ainsi que mannequins de pailles et cibles pour archer. Une grille leur barrait le passage. « Hepner, tu penses pouvoir ouvrir cette grille sans faire de bruit ? »
L’Assassin retint une grimace. L’effort consenti pour déplacer les tonneaux avait aggravé la blessure sur laquelle il avait enfoncé un morceau d’étoffe afin d’éviter que le sang ne coulât. Il fronça les sourcils et réfléchit un instant puis son regard s'arrêta sur Isil et il lui lança avec un sourire malicieux. « Pardonnez moi, demoiselle ! tout en saisissant la broche qui maintenait ses cheveux. »
Hepner prit ensuite la boucle de son ceinturon et à l'aide des deux objets s’affaira sur la serrure qui céda rapidement sous l’action de ses doigts experts. « Mille mercis, Isil… chuchota Hepner à l'oreille de la jeune fille en lui replaçant délicatement la petite broche dans la main. »
Isil eut un moment d'hésitation puis elle posa doucement sa main sur le bras musclé d'Hepner en lui tendant la broche. « Gardez-là, des fois qu'il y aurait d'autres serrures à crocheter... vous me la rendrez quand... elle ne vous sera plus utile. »
Elle le fixa de ses grands yeux bleus en lui adressant son plus joli sourire puis baissa son regard en ajoutant. « Bon... ben... moi je vous suis... quand vous voulez... »
Ils traversèrent la salle d’entraînement déserte, jonchée d’armes en tout genre, puis passèrent par un petit escalier pour déboucher dans un dortoir où ronflaient de nombreux gardes.
Isil posa son grand sac de poudre sous la table comme Herana venait de lui indiquer tandis qu’Hepner en disposait un autre près de la porte.
La cimmérienne s’était envolée de poutres en poutres et Isil s’enfonça dans un recoin d’ombre au cas où une de ces brutes aurait soulevé une paupière. Hepner s’affairait lui aussi dans un autre coin sans qu’Isil ne puisse voir à quels gestes il se livrait…
Elle attendit, tapie, le cœur battant. De l’extérieur parvenaient des échos étouffés d’applaudissements : les Loups devaient se surpasser pour assurer la diversion prévue ! Si le plan fonctionnait, quelque part dans les geôles du château, trois autres Loups déjà dans la place, devaient en ce moment même œuvrer à l’évasion de leur chef, ce Kadraan, leur capitaine de croisade contre les Vanirs du temps de Siobhan, et d’autres Loups détenus par Demetros de la famille Adorik. Dans les étages du manoir se trouvaient également, la jeune sœur de la guerrière cimmérienne, Kathleen, recluse dans une chambre, ainsi qu’un homme à abattre, un traître dont la mort devait normalement assouvir le désir de vengeance de la jeune Isil du pays des Quatre Vallées.
Herana avançait, pas à pas sur les poutres en faisant grincer le bois, transpirante et concentrée dans ses gestes. L’effort était éprouvant pour elle qui ne s’était pas entraînée depuis plusieurs longues semaines... Elle arriva enfin au point fragile, le centre. C'était une petite plate-forme de vieux bois poussiéreux à souhait. Elle prit son élan et se lança... La faille qu’elle avait repérée était là. Si le sac de poudre explosait à cet endroit précis, tous les étages supérieurs s’effondreraient en ensevelissant tous les gardes présents. Herana resta un moment immobile, inquiète de savoir ce qu'il allait se passer. Puis elle se remit à avancer encore plus lentement... Elle retira le sac de ses épaules, le posant avec délicatesse sur la planchette. « Humf... C'était à deux doigts... »
Elle s’immobilisa. Un garde venait de se réveiller au dessous d’elle en baillant à la cantonade. Après s’être longuement gratté le ventre, il se leva dans la demi obscurité et avisa sur la table un bout de viande sèche et un morceau de pain qui eurent pour lui l’attirance d’un os à moelle pour un chien affamé. Il s’assit lourdement sur une chaise et agrippa un pichet de vin aigre qu’il versa dans un gobelet sale dans l’intention de se décrasser le gosier. Puis il déchira le morceau de bœuf en deux. Isil s’enfonça de son mieux dans l’ombre d’une armoire imitée par Hepner à l’autre bout de la pièce.
Soudain, les planchettes se brisèrent avec un bruit sec sous le poids d’Herana qui tomba sur la table du dortoir la faisant éclater en mille morceaux dans un fracas épouvantable en soulevant un énorme nuage de poussière.
Le vin avait giclé sur le garde médusé tandis que les autres soldats se réveillaient en sursaut. Ils étaient nombreux. Herana esquissa un sourire en essayant de reprendre ses esprits : "Nous sommes la troupe du cirque... Surprise !"
Bien évidemment, cela n’avait pas suffit à convaincre les gardes, et pour cause !
L’un d’eux hurla : « Alerteeee ! tandis qu’un autre s’éclipsait déjà avec une promptitude surprenante pour un soldat de sa corpulence, sans doute pour aller prévenir son supérieur. »
Isil engagea une flèche et tira sur un garde qui se levait de sa couche… il y retomba pour longtemps. Hepner avait abattu celui qui convoitait son gobelet de vin, d’un carreau d’arbalète et s’était précipité vers Herana.
La jeune blonde bondit vers eux pour les rejoindre en tirant deux autres flèches qui tuèrent leur cible. Hepner, une dague dans chaque main, se penchait au même moment au-dessus de la cimmérienne qui se relevait en se frottant les côtes. Isil tira encore deux, trois fois, mais les gardes étaient bien une trentaine et les entourèrent rapidement munis de leurs longues épées. « Rendez-vous ! avaient-ils crié en choeur. »
Herana avait saisi une torche et les menaçaient en l’approchant du sac de poudre noire qui se trouvait à leurs pieds. « Le premier qui tente de faire le héros, sera expédié directement en enfer avec tout ses camarades ! avait-elle crié avec une telle force de conviction que les gardes hésitèrent. »
Profitant de ce répit inespéré, elle les avait entraînés tous les trois vers la petite porte menant vers la salle d’entraînement qu’ils bloquèrent derrière eux. « Il faut retourner dans la cour avec les autres, cria-t-elle, allez-y, bon sang, je vais les retenir »
Hepner refusa énergiquement. « Tu tiens tellement à te suicider ? Désolé mais je ne te laisserais pas faire et je crois que Maleo serait d'accord avec moi ! Trouvons plutôt une solution définitive pour ces gardes ! Il nous reste un demi tonneau rempli de poudre noire ? »
Herana repoussa violemment Hepner en criant. « Mais... ! Je me fous de savoir ce que tu penses ! Tu suis les ordres, c'est tout ! Si ça ne te plaît pas, je m'en fiche ! Laisse moi faire ! Allez, partez, avant que je vous tue de mes propres mains ! »
Isil se garda bien d’intervenir. La femme frôlait l’hystérie et ce n’était pas le moment de se battre entre eux. Elle posa sa main sur le bras d’Hepner en lui disant. « Laisse Herana faire ce qu’elle a dans la tête… tu ne gagneras pas contre une femme question entêtement… Crois-moi, ajouta-t-elle en souriant… Viens, il va y avoir de quoi faire dans la cour, vite ! »
Et, en espérant que l’Aquilonien la suive, elle s’élança par les souterrains qui sentaient toujours aussi mauvais, débouchant bientôt dans la cour du château.
Hepner se demandait quelle folie pouvait bien ronger le coeur de Herana. Une chose était sûre, il se refusait à l'affronter, il y avait déjà bien assez à faire avec les gardes. « Et bien puisque c'est un ordre... Puisse ton Dieu veiller sur toi, mais sache que je reviendrais te chercher si tu ne nous suis pas, que tu le veuilles ou non ! »
Hepner ne laissa pas le temps à Herana de répondre. Il s'élança dans le souterrain à la suite d'Isil sans se préoccuper de la douleur de sa blessure qui avait augmenté d’intensité.
Arrivée dans la cour, Isil comprit que l’alerte avait retenti jusque là, arrêtant net le spectacle et déclenchant une terrible pagaille dans la cour où des gens fuyaient vers le château tandis que les saltimbanques transformés en guerriers affrontaient les soldats qui affluaient de partout. La plus intense des confusions régnait et déjà, vers l'estrade on se battait avec acharnement. Elle entendit le fracas d'un lourd banc de bois qui s'écrasait au milieu de spectateurs retardataires complètement affolés.
Se rencognant dans l'ombre de la muraille, elle avisa les gardes qui courraient sur les remparts à commencer par ceux qui, portant un arc, pouvaient atteindre ses compagnons à distance, et se mit à tirer, posément et calmement, chaque flèche remplissant son office. « ..neuf... dix... » compta-t-elle mentalement en se remémorant du garde de la tour et de ceux de la garnison déjà tombés.
Hepner avait rejoint Isil dans la cour et le spectacle qu’il y vit ne lui sembla pas à l'avantage des Loups Les gardes arrivaient de tous les côtés et la bataille faisait rage. Il ne pouvait laisser ses compagnons dans une telle posture sans leur apporter son aide. « Reste à couvert, je reviens ! cria-t-il à Isil qui continuait à décimer les gardes avec son arc. »
Hepner sortit ses dagues et chuchota quelques incantations dans une langue interdite. Alors ses yeux devinrent noirs comme le jais et ses lames se mirent à briller d'un rouge macabre.
Oubliant sa blessure, Hepner s'élança dans la foule, mélange de gardes et de spectateurs terrorisés, et entama sa danse macabre. Avec toute la discrétion et l'agilité d'un félin, il passa entre les soldats qui le remarquaient à peine, tranchant ici une jugulaire qui laissait échapper aussitôt un flot de sang saccadé, là une carotide, se frayant un chemin jusqu'a ses compagnons. Tel était l'art véritable d'Hepner !
Hepner fût soudain tiré de sa transe par une explosion d'une violence inouïe qui provenait de la garnison. Un fracas épouvantable suivit lorsque tout le bâtiment où ils se trouvaient un instant auparavant s’effondra.
« HERANAAAA ! NOOON ! hurla-t-il comprenant soudain qu'elle venait de mourir par sa faute... _________________

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