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[BG] Nuit noire, aube de sang ... (3ème partie)

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Hashemat
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Age : 36
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Race: Stygien
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MessageSujet: [BG] Nuit noire, aube de sang ... (3ème partie)   Mer 14 Mai - 18:42

La mort de son père ne l'attrista pas. Elle ne la concernait qu'à peine d' ailleurs. Sa vie était ailleurs. C'est Thel Meret qui pointa du doigt le point épineux : sa fortune. Elle était mineure et un tuteur serait désigné. Hashemat le connaissait de vue : Makhear, son cousin, âgé d'une cinquantaine d'année, le même genre de barbon serpentesque qu'était son père. Elle devait trouver une solution.

*****


L'homme dormait dans les voiles diaphanes du baldaquin placé sur la terrasse pour profiter de l'air frais. Il affichait un sourire béat qu' Hashemat connaissait bien. Elle avait épuisé cet homme, pourtant vigoureux et bien fait, et lui avait extorqué la promesse qu'elle espérait. Il allait l'épouser. Elle deviendrait alors majeure de fait, certes sous l'autorité de son époux, mais un époux qui n'aurait d'autorité sur rien , le pauvre... Et elle récupérerait son pouvoir, son palais, sa richesse.

*****


Elle arriva en avance pour le conseil de famille qu'elle avait fait réunir. A son entrée dans la cour, elle aperçut le vieil eunuque kushite qui s'avançait vers elle.

- » Un genou à terre, esclave ! ».

Il continua de s'avancer, lui ouvrant les bras en souriant. Alors, quittant son air furibond, elle s'y jeta en pleurant. Ils restèrent là un moment, larmoyants et heureux à la fois, puis comme autrefois, il lui prit la main et l'emmena vers la grande salle.

La réunion commença et elle observait en silence les personnes présentes : cousins lointains, officiels, prêtres. Eux aussi l'observaient, ils la déshabillaient sur place pour ainsi dire. Et c'est bien ce qu'elle espérait.

C'est son cousin qui prit la parole pour exposer les motifs de la réunion, les intérêts à préserver et enfin les mesures proposées pour que tout se passe dans les meilleurs conditions.

Il cancanait de manière infecte, on aurait dit un vieux paon lépreux.

« Je me réjouis, ma cousine, que vous preniez au sérieux les intérêts de la famille. Un mariage perpétuera la puissance de notre maison. C'est acte responsable et intelligent que vous entreprenez là. Et je suis honoré d'avoir été choisi pour .... ».

Le rire d'Hashemat éclata comme un orage d'été. La salle se figea. Elle descendit de son fauteuil, laissant choir sa cape derrière elle, et s'avança au centre de la pièce, ondulante et lascive, sa robe de mousseline rouge révélant son corps plus qu'elle ne le cachait, son regard plein de vice affolant les hommes de l'assistance. Elle frappa dans ses mains et les portes s'ouvrirent :

- » Je me marie, mon cousin, et votre approbation me ravit. Mais avec lui .... ».

Son amant entra dans la pièce, vêtu de soie et d'or, les doigts chargés de bagues, un long cimeterre ouvragé à la ceinture. Erkhet Arha, héritier d'une riche famille de marchands de Luxur, la trentaine conquérante. Les rires et les moqueries fusaient sur le prétendant évincé et son cousin sortit précipitamment.

L'huissier royal se leva et parla :

- » Votre choix est approuvé, princesse ».

*****


Elle prenait le frais sur la terrasse, regardant les étoiles en attendant Erkhet Arah. Elle n'avait pas pu obtenir un délai plus court que trois semaines pour la tenue du mariage mais ils prenaient chaque jour une copieuse avance sur leur nuit de noces. Et Hashemat adorait les retours de son fiancé qui, chaque jour, la couvrait d'or, de pierreries, d'animaux exotiques ou de parfums précieux, fruits de son labeur de la journée; journée qu'elle passait dans les bras de Thel Meret. Mais seuls dix jours s'étaient écoulés. Elle était anxieuse. Elle subodorait qu'il se tramait quelque bassesse de la part de son cousin mais quoi ?

Des bruits étouffés, des pas rapides ... quelque chose n'allait pas. Elle se dirigea vers la maison et vit son vieux kushite tituber, une fléchette dans le cou. Il tendait vers elle un bras suppliant et tomba brusquement au sol, du sang coulant de ses lèvres. Les deux premiers assaillants furent reçus par l'ombre et la mort, les vers et le froid, mais elle céda vite sous le nombre, aveuglée par une couverture, bâillonnée pour l'empêcher d'incanter puis finalement assommée.

Du chariot où on l'avait jetée, elle aperçut quelques bribes de paysage, beaucoup de ciel mais rien de probant. L'esclave qui la nourrissait ne parlait pas et laissait toujours les rideaux fermés. Cela dura longtemps.

Quand elle sentit l'odeur saline de la mer, elle sut que son destin allait s'accélérer.

*****


- » Fais la ramer jusqu'à ce qu'elle en meure, c'est ce qu'a dit le prêtre. Ce sont les ordres que tu donneras au capitaine quand il remontera à bord. Tu m'as bien compris ? ».

- » Si fait, seigneur ».

Celui qui semblait le chef de ses ravisseurs s'en alla comme il était venu. Il redescendit dans sa barque et regagna la rive. Le second détaillait Hashemat, jetée au sol par ses gardes. Il la saisit par un bras et la mena directement dans sa cabine.

- »Viens, on va prendre un peu de bon temps ».

Il la jeta sur son lit et entrepris de lui délier les mains.

- » Je me demande pourquoi te ligoter ainsi... ».

Il lui retira son bâillon.

- » Et pourquoi ce bâillon ? ... Hein ? ».

- »Tu vas voir ! ».

Le capitaine remonta à bord pour voir son second tituber sur le pont en hurlant, des vers sortant des plaies qui lui couvraient le corps, la peau brûlée par endroits. Derrière lui, trois marins tenaient une jeune stygienne assommée.

*****


Il avait mis longtemps à mourir parce qu'il criait encore à son réveil. Cette idée la fit sourire malgré la précarité évidente de sa situation.

Elle était attachée debout, les mains liées à une poutre du plafond et on lui avait remis son bâillon. La suite des évènements ne l'avait pas surprise : après l'avoir battue, le capitaine l'avait violée. Ses officiers avaient ensuite défilé et, depuis, elle constituait une sorte de prime pour les marins méritants. Heureusement pour elle, aucun n'était particulièrement pervers ou monstrueux, et elle n'avait pas subit de sévices particuliers. Et ce n'était pas la première fois qu'elle couchait avec des hommes qu'elle ne désirait pas, voire qui lui inspirait du dégoût. De plus, elle avait suffisamment de maîtrise pour écourter ses rapports au maximum. Elle trouvait même un petit réconfort dans les vantardises de ces hommes comiques malgré eux qui lui promettaient monts et merveilles et dont les prestations étaient pour le moins limitées.

*****


Elle eu une petite angoisse en sentant monter en elle un haut-le-coeur, puis un autre. Mais les mouvements de la galère ainsi que le bruit à l'extérieur lui firent réaliser ce qui se passait : une tempête, et une grosse ....

Un marin, visiblement peu affecté par la houle, arriva dans la pièce. Sans autre forme de procès, il baissa son pantalon.

- » Je vais te faire jouir un bon coup, la stygienne ! Tu vas voir, tu vas aimer ».

« Encore un mâle exceptionnel, quelle veinarde je suis ! ». Cette pensée la fit sourire sous son bâillon. Elle se cala de la manière la moins inconfortable possible quand il lui leva une jambe et commença à se demander s'il tiendrait plus longtemps que le dernier qui l'avait prise. Il la pénétra d'une manière qu'il imaginait probablement d'une exceptionnelle virilité vu son expression de fierté orgueuilleuse mais avant d'avoir pu bouger fut projeté en arrière par un choc violent. Hashemat tomba au sol dans un craquement sinistre. Un morceau de la pièce venait de s'effondrer, écrasée par un choc sur un récif.

« Au sol ... alors mes mains sont libres ! ». Elle eu tôt fait de se débarrasser de ses liens, et enfin retira son bâillon. Elle se redressa lentement, se méfiant de la houle comme de ses jambes engourdies.

Le marin était coincé sous une poutre, il la vit s'avancer lui avec un sourire mauvais. Hashemat venait de ramasser le couteau qu'il portait habituellement à la ceinture.

- » En temps normal, je t'aurais torturé mais là je suis pressée ».

Immobilisé par la poutre, il regarda, terrorisé, sa mort venir sur lui, en ondulant avec gourmandise, comme un serpent, dans le crépuscule dément de cette tempête.

Elle lui ouvrit la gorge d'une oreille à l'autre, prenant son temps, le regardant se gondoler comme une marionnette, secoué par les spasmes de la mort. Puis la stygienne partit vers le pont, léchant le sang sur ses doigts. Elle souriait.

*****


Par deux fois la galère avait heurté des récifs et le capitaine faisait son possible pour la diriger vers un endroit plus abrité et moins dangereux. Il ne prêta pas attention aux cris qu'il entendait. On crie toujours dans les tempêtes. Soudain, une douleur fulgurante lui frappa la poitrine. Il n'avait pas eu le temps de voir le trait d'ombre le percuter qu'il tomba au sol.

Il reprit conscience et sentit tout son torse lui faire un mal de chien, à la limite du supportable.

- » C'est à toi, ça, je crois ... ».

La stygienne était assise sur lui, trempée par les vagues et maculée de sang, de la haine et un amusement certain se lisant dans ses yeux, et elle lui tendait ... ses propres entrailles. Elle lui avait ouvert le ventre ! Il hurla comme un damné mais son cri mourut quand elle lui fourra ses boyaux dans la bouche. Elle lui planta son couteau dans le coeur puis s'acharna sur son visage à coups de poings, hurlant comme une harpie, passant ses nerfs sur lui pendant de longues minutes.

Hashemat se redressa pour voir la galère se précipiter sur un récif rocheux. Le temps de décider par où sauter, elle fut projetée dans l'eau, inconsciente sous le choc.

*****




[HRP]
Voilà, normalement j'ai fini
Maintenant vous pouvez fumer et reprendre une activité normale ... Suspect
[HRP]

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"Je suis une fille de Luxur. Avant même mes quinze printemps, j'ai été emmenée dans les temples de Derketo, la sombre déesse, et initiée aux mystères".
"L'Ombre de Xuthal", R. E. Howard

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