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 [BG] ISIL & HERANA : Retour vers le passé (1ère partie)

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Isil
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MessageSujet: Re: [BG] ISIL & HERANA : Retour vers le passé (1ère partie)   Jeu 13 Aoû 2009 - 11:17

CHAPITRE XII

- La Pierre de Lune -




Herana courait dans l’obscurité que tentait de percer de son mieux la flamme vacillante de sa torche. Plusieurs fois elle se heurta à quelque saillant de roche invisible ou à des stalactites coupants qui la blessèrent au front et aux épaules. Essuyant d’un revers de main le sang tiède qui lui gouttait dans les yeux, elle continua sa course folle dans les galeries souterraines sachant pertinemment que chaque seconde de perdue était autant de temps laissé aux amazones de la cité blanche pour les rattraper. Elle ne doutait pas que, quel que soit le temps qu’il faudrait pour soulever le battant de bronze qui avait scellé le Saint des Saints, des patrouilles de soldats devaient déjà préventivement sillonner les chemins s’éloignant de la cité blanche et pourquoi pas, se diriger vers la cascade derrière laquelle débouchait le passage secret connu des prêtresses.

Chaque seconde comptait et Behomar s’impatientait en tenant fermement les rênes des chevaux depuis qu’il avait entendu au loin résonner le cor d’alarme du Temple. Cela signifiait évidemment pour lui que Herana avait réussi à s’introduire dans le sanctuaire et à dérober la Pierre de Lune. Le cœur serré, il se demandait ce que Dulci allait penser de tout cela. Allait-elle deviner que c’était Herana et lui qui avaient commis le vol ? Il espérait que non et était bien décidé à tout mettre en œuvre pour rapporter le plus vite possible la Pierre de Lune à cette communauté, quitte à être jugé et condamné.

Les rares nuages qui couraient dans le ciel délaissaient la lune qui inondait la contrée de sa lumière blafarde ce qui faciliterait la tâche d’éventuels poursuivants si on les retrouvait. Les chevaux, nerveux, s’agitaient, comprenant à l’agitation de l’homme que quelque chose se passait. Herana n’était toujours pas sortie des galeries et le némédien s’attendait à chaque instant à la voir apparaître de derrière le rideau de pluie de la cascade.

Enfin une silhouette floue se détacha de l’obscurité de la grotte et apparut sur le côté de la chute d’eau. Herana jeta la torche dans le petit lac et s’empressa de rejoindre le némédien qui lui demanda fébrilement en apercevant son visage maculé de sang.
« Par Crom, Herana, que s’est-il passé, tu es blessée ?
- Non, répondit-elle en se lavant rapidement la face à l’eau cristalline du torrent, ce ne sont que des entailles superficielles que je me suis faites en heurtant les parois de ce damné souterrain.
- Ah… parfait ! Allons-nous en d’ici au plus vite ! J’ai entendu le cor… tout s’est bien passé ?
- Plus ou moins. »

Elle fit une moue.
« Dulci était dans le Temple… elle nous avait percés à jour dans nos intentions de voler la pierre…
- Dulci ? Non, par Crom, ce n’est pas possible… et… que s’est-il passé ? J’espère que tu n’as pas dû… »

Herana grinça des dents.
« La tuer ? Ne t’en fait pas, ta chérie est en vie même si elle mettra du temps à pouvoir se resservir de sa main ! »

Behomar qui avait mis le pied à l’étrier, marqua un temps d’arrêt et tourna la tête vers le visage inflexible de la Cimmérienne.
« Que veux-tu dire ? »

Cette dernière haussa les épaules en enfourchant son cheval.
« Bah ! J’ai bien dû me défendre, sinon je ne serais pas ici avec la Pierre de Lune… Ma dague a été plus rapide qu’elle et lui a transpercé la main…
- Écoute, continua-t-elle d’un ton glacial, elle est en vie non ? Et ce n’est pas mon habitude de laisser vivre un adversaire qui veut me tuer ! Alors, fin du récit ! Dégageons d’ici et cesse de penser à elle ! »

Puis elle ajouta cruellement en fixant Behomar au fond des yeux sans broncher.
« De toutes façons, pour elle, tu es un voleur et le fils de l’homme qui a fait commettre ce sacrilège ! »

Le némédien se mit en selle le cœur serré avant de lancer en direction d’Herana.
« Je te jure de tout faire pour remettre cette pierre à sa vraie place ! »

La cimmérienne laissa échapper un rire méprisant.
« Ça tombe bien, j’ai promis la même chose à Dulci… mais avant, il faudra que je tue ton père ! »

Et elle lança son cheval dans la nuit, suivie par Behomar qui ne répondit rien.

Le défilé était court et sinueux et ils débouchèrent bientôt dans la plaine qui bordait les montagnes où ils purent lancer leurs montures au galop. On y voyait bien à la puissante lueur de l’astre de la nuit, comme si cette dernière souhaitait les faire repérer afin de leur faire payer leur crime sacrilège. Au bout de quelques instants, Behomar jetant un coup d’œil en arrière cria à la cimmérienne.
« Nous sommes poursuivis ! Une bonne douzaine de gardes ! »

Il talonna son cheval qui hennit et accéléra. A quelques centaines de mètres d’eux, une petite troupe d’amazones en armes avait entamé la folle poursuite en grignotant visiblement du terrain petit à petit. Plusieurs minutes s’écoulèrent puis Behomar cria de nouveau.
« Continue Herana, ramène la Pierre à mon père et fait pour le mieux pour sauver ton amie, je vais te faire gagner du temps, passe-moi ton arc et tes flèches. »

Devant la réticence de la guerrière il insista d’un ton qui ne prêtait pas à discussion.
« Attends-moi là où nous avons campé l’autre jour, et si au bout de deux heures je ne t’ai pas rejointe, continue sans moi et dit à mon père ce que tu voudras… de toutes façons ce qu’il veut, c’est la Pierre et rien d’autre ! »

Puis il s’empara de l’arc et des flèches que lui tendait Herana et stoppa brutalement son cheval en sautant à terre pour se précipiter sur un rocher qui surplombait le chemin, sans jeter un seul coup d’œil à la cimmérienne qui disparut au gré d’un virage.

Elle galopa jusqu’à l’extrême limite de sa monture puis elle s’arrêta et grimpa sur un monticule de terre pour s’assurer qu’elle n’était pas suivie. Aussi loin que portait son regard et que le permettait la lumière lunaire, il n’y avait personne. Behomar avait réussi mais il y avait de grandes chances qu’il ait péri dans la confrontation inégale qu’il avait dû mener contre les gardes de la cité blanche.

La cimmérienne reprit sa route au petit trot pour ménager son cheval. Le soleil était haut dans le ciel lorsqu’elle arriva à l’endroit où ils avaient bivouaqué quatre jours plus tôt. L’animal n’en pouvant plus, elle se résigna à prendre quelques heures de repos, bien décidée toutefois à ne pas attendre trop longtemps pour reprendre sa route.

Elle s’assoupit un instant et fit de mauvais rêves. Lorsqu’elle rouvrit les yeux le soleil était à son zénith et force lui fut de constater que Behomar n’était pas arrivé ce qui, au fond, n’était guère étonnant. Le jeune némédien avait eu le sens du sacrifice et pour cela il devait être respecté.

Pensive, Herana sortit la Pierre de Lune de son sac et la contempla longuement. Vue comme ça, ce n’était qu’un vulgaire caillou blanc sphérique, à la surface irrégulière et vitrifiée, comme grossièrement taillée dans une roche inconnue.
« Maudit soit cette pierre. Si je la ramène, il me tuera. Si je la rends aux amazones, elles ne m'écouteront guère. Et si je fuis... Je ne peux pas ! »

Elle resta comme ça à l’examiner plusieurs minutes, assise à l’endroit où Behomar riait encore il y avait quelques jours à peine.
« Pourquoi te veut il ? Quel est ton pouvoir ? murmura-t-elle. »

Ce fut très bref, mais l’espace d’un instant, il lui sembla que l’éclat de la Pierre de Lune avait augmenté d’intensité avant de reprendre son apparence normale, comme si l’objet divin avait voulu lui répondre. La guerrière ressentit au fond de son âme une forme de crainte mêlée d’admiration. Délicatement, elle remis la pierre dans son sac et décida de reprendre sa route qui était encore longue avant le camp némédien où elle allait enfin retrouver la jeune Isil.

Elle caressa le museau de son cheval en lui murmurant à l’oreille des mots d’encouragement.
« Je compte sur toi, ne me lâche pas ! J’ai besoin de sauver mon amie de son triste sort ! »

Mettant le pied à l’étrier elle grimpa en selle et s’éloigna au petit trot, jetant une dernière fois un regard vain derrière elle dans l’espoir de voir apparaître à l’horizon la silhouette familière du jeune némédien.

*
* *


Il était presque minuit lorsque Herana parvint exténuée au pied du sentier qui cheminait vers le camp fortifié némédien. Son cheval n’en pouvait plus et elle ne valait guère mieux que lui. L’animal s’arrête. Elle lui frotta le flanc de sa main.
« Courage mon vieux, on y est presque, tu ne vas pas flancher maintenant non ? »

Le cheval s’ébroua pour chasser l’écume qui coulait de sa gueule et dodelina de la tête avant de repartir lentement.
Un garde cria quelque chose en némédien et quatre sentinelles apparurent au sommet du sentier, devant les portes de l’enceinte, tandis qu’Herana s’arrêtait devant eux. Un homme accourut depuis l’intérieur du campement en rajustant son armure, visiblement dérangé alors qu’il s’apprêtait à se coucher. C’était Tremor, le lieutenant de Pardenargh.
« Par toutes les cornes du grand dragon noir ! s’exclama-t-il, la cimmérienne est de retour ! Sa petite femelle blonde va être aux anges ! » [/color]
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MessageSujet: Re: [BG] ISIL & HERANA : Retour vers le passé (1ère partie)   Lun 24 Aoû 2009 - 22:18

Les hommes s’esclaffèrent. Il reprit.
« Et toi la guerrière, ramènes-tu ce que notre chef a demandé ? »

Il regardait derrière elle essayant de percer l’obscurité de la nuit.
« Et Behomar, où est-il chienne ? »

Il posa sa main sur le pommeau de son épée le regard mauvais.
« Où est le fils de Pardenargh, réponds ou par Crom je te décapite séance tenante ! »

Imitant leur lieutenant, les gardes dégainèrent leur arme tandis que les sentinelles des remparts bandaient leur arc.

La réaction de la guerrière fut des plus surprenante et prit les gardes totalement au dépourvu. Sans l’ombre d’une hésitation elle saisit une de ses dagues et la lança d’un seul geste en pleine gorge du lieutenant qui s’effondra sous les yeux éberlués de ses hommes. Ils se regardèrent tour à tour, se demandant sans doute s’ils devaient abattre la femme alors que plus personne n’était là pour leur donner un ordre.

Herana descendit de son cheval comme si de rien n’était, retira l’épée de Tremor du fourreau et lui arracha le cœur d’un coup rageur et sanglant. Son regard débordait de colère et de haine et les hommes firent un pas en arrière. Puis elle lâcha l’arme qui tomba sur le sol bruyamment et s’écria d’une forte et tellement énervée qu’elle en avait du mal à articuler.
« Je veux voir le commandant… et tout de suite ! ajouta-t-elle en hurlant presque. Sinon, je le jure par Ymir et par Crom, je détruis cette pierre sous vos yeux ! »

Il y eut un flottement à mettre sans doute sur le compte du manque de consigne face à un tel événement imprévu puis un des gardes de la porte partit en courant vers la tente de commandement. Quelques instants plus tard une dizaine d’archers de la garde personnelle de Pardenargh sortaient de l’obscurité sous le commandement d’un officier tandis que de la tente arrivait le chef des némédiens en grande armure. L’officier fit partir les gardes d’un geste méprisant et ses archers entourèrent Herana de façon hautement significative. Il était évident qu’au moindre geste de sa part, ceux-là n’hésiteraient pas à tous tirer leur flèche.

Pardenargh s’arrêta devant l’entrée du camp et regarda le cadavre de son lieutenant en haussa les sourcils. Puis il tourna son regard glacial vers la guerrière avec un demi sourire.
« Je dois avouer que tu es une femme surprenante et tellement pleine de ressources. Je lui avais bien dit de ne pas se frotter à toi. »

Puis sans plus d’autre considération pour le vaincu il enchaîna.
« Tente la moindre chose contre moi et tu seras tuée dans la seconde ! Suis-moi dans ma tente mais avant, laisse toutes tes armes par terre ! »

Il lui tourna le dos pour repartir vers sa tente et se laissa tomber d’un air las dans son fauteuil en attendant que la cimmérienne le rejoigne sous la haute surveillance de ses troupes d’élites qui ne la quittaient pas des yeux. Sans rien lui demander, il remplit deux grandes coupes de vin et en poussa une vers elle sur la table de réunion.
« Fais-moi le plaisir de t’asseoir et de te désaltérer. Alors comme ça tu as réussi ? J’en étais sûr ! Je ne t’ai pas choisi pour tes beaux yeux mais pour tes nombreux talents militaires. »

Il fit un geste de main méprisant dans la direction de l’entrée du camp.
« Pas comme cet imbécile de Tremor ! Pfff, quel gâchis ! »

Il but longuement et s’essuya d’un revers de manche.
« Qu’est-ce qui te fait croire que je ne mettrais pas ta jeune amie à mort pour venger mon lieutenant ? »

Mais d’autres questions lui brûlaient les lèvres, c’était visible et sans attendre, il continua les yeux brillants.
« Montre moi la Pierre de Lune, pose la sur cette table… au fait, où est passé mon bougre de fils ? »

Herana avait laissé tomber sa ceinture de dagues et ne portait plus que son débardeur, son pantalon et ses bottes de cuir noir, matière fine qui lui collait au corps à la manière d’une deuxième peau. Elle s’installa et s’affala sur la chaise en attrapant au passage la coupe qu’elle vida d’un seul trait avant de la jeter par-dessus son épaule en un geste provoquant.
« Voilà ! dit-elle en posant le contenu de son sac d’où s’échappa la pierre qui roula jusqu’à sa main. Votre pierre. La pierre de la trahison. »

Elle joua avec un instant en la faisant sauter entre ses mains.
« Votre fils s’est sacrifié pour que je la ramène… il est captif ou plus vraisemblablement mort des mains d’une bande d’amazones légèrement vêtues mais redoutables guerrières. Pauvre Behomar ! Il valait mieux que son porc de père… »

Les yeux de Pardenargh luirent dans la semi pénombre de la tente.
« Ne prenez pas cela pour une insulte… simplement pour la constatation d’une pauvre cimmérienne qui a perdu ses repères, couche à tout va et trahit ses amis pour en sauver d’autres… et qui préfère une entrejambe bien fleurie… comme vous j’imagine ! »

Elle se resservit dans une autre coupe et la vida de nouveau.
« Aussi drôle que cela puisse paraître, il m’est aisé de détruire cette pierre ou de l’utiliser contre vous, mentit-elle… Mais je me fous de vos projets. Libérez mon amie et laissez-nous partir loin de vous, de tout ce merdier dans lequel je piétine depuis une semaine ! »

Sur ces paroles de colère elle s’était levée avant de se rasseoir plus calme.

Pardenargh ne quittait plus la Pierre de Lune des yeux.
« Ainsi, c’est ce vulgaire morceaux de caillou qui protège soi-disant la cité blanche et son or ? Eh bien soit ! Pourquoi pas après tout… superstitions que tout cela ! Je n’y crois pas mais mes hommes oui… Ils seront bien plus motivés maintenant pour aller abattre cette citadelle ! »

Il fit un geste de la main.
« Laissez la pierre sur la table et allez chercher votre amie. Vous êtes libres. Partez… partez loin d’ici ! »

Il éructa un ordre et l’officier entra sous la tente.
« Conduisez-là à la cage et libérez la fille, rendez-leur leurs affaires, armes, vêtements, chevaux et donnez-leur des provisions puis laissez-les partir… »

L’officier salua et montra le chemin à Herana pour l’inviter à sortir. Il traversa le camp vers la fosse sombre suivi en retrait de quatre archers pour les escorter. Dès qu’il fut à portée de voix, il cria des ordres en némédien et un des gardes postés contre le treuil s’activa pour mettre les sécurités et ramener la cage au-dessus du sol avant d’en ouvrir un côté.

Isil se tenait immobile, toujours nue à la grande colère d'Herana, recroquevillée sur le flanc, les yeux clos, comme morte. En s’approchant d’elle, on pouvait voir ses lèvres desséchées et un léger tremblement qui secouait son corps comme aux prises avec une forte fièvre.
« Non… non ! »

La cimmérienne se précipita devant l’entrée de l’étroite cage et saisit le visage d’Isil qui respirait à peine, comme soutenue aux frontières de la mort par de faibles forces sur le point de s’éteindre. Sortant de son sac une corne rembourrée, elle en inséra le bout entre les dents crispées de la jeune fille pour en faire couler l’eau dans sa gorge.
« Isil ! Isil, réveille-toi ! Par pitié ! »

Le breuvage aviva l’étincelle animant encore l’âme qui campait déjà sur les rives du Styx et Isil entrouvrit les yeux. Un faible sourire se dessina aussitôt sur ses lèvres lorsque son regard se posa sur le visage de la cimmérienne.
« Her… ana… murmura-t-elle dans un souffle. »

Immédiatement, elle fit un effort pour se redresser tandis que la guerrière l’extirpait de la cage dans laquelle elle était enfermée depuis de longs jours. Isil s’accrochait à son bras comme un naufragé à sa planche de salut.
« Tu… tu as réussi… je le… savais, articula-t-elle en s’agrippant à la corne remplie d’eau. »

L’officier témoin de la scène hurla trois mots à l’encontre des gardes qui se tenaient autour de la fosse et ceux-ci quittèrent leur poste pour rentrer vers le camp dans l’obscurité. Il renvoya également d’un geste les archers qui le suivaient puis, une fois seul avec les deux femmes, il dégrafa sa grande cape et, s’agenouillant auprès d’Herana, il en entoura les épaules d’Isil avec compassion, sans dire un mot, en lui recouvrant le reste du corps. Puis il se releva et regarda en direction du campement.
« Je sais que cette jeune fille n’est pas en état de voyager très loin, néanmoins… je serais vous, je partirais sans attendre que Pardenargh ne change d’avis vous concernant. Vos montures vous attendent à l’entrée du camp avec eau et nourriture et toutes vos affaires. »

Puis il ajouta avant de leur tourner le dos et de s’éloigner à son tour, les épaules basses.
« Je suis désolé de la façon dont elle a été traitée. »

Il disparut dans l’obscurité. Isil sourit de nouveau. Le contact de son amie semblait lui avait redonné l’espoir et l’espoir lui avait rendu des forces.
« Herana, comme tu m’as manquée… je savais que tu reviendrais… j’ai économisé mes forces pour t’attendre… tu sais… »

Elle passa la main sur le visage de la cimmérienne en lui caressant la joue.
« Il a plu… Mitra m’a donné de l’eau… »

Herana la regarda perplexe.
« Mitra ! Hum ! »

Elle aida la jeune fille à se relever sur ses jambes tremblotantes qui la portaient à peine en bougonnant.
« Si Mitra avait réellement voulu t’aider, il t’aurait apporté un plateau de nourriture… Mitra… »

Passant les bras meurtris d’Isil autour de son cou, elle se mit à avancer tout doucement.
« Allons-nous en ! J’ai aperçu un abri en venant ici, je m’y suis arrêtée un petit moment pour me reposer. Je vais m’occuper de toi… »
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MessageSujet: Re: [BG] ISIL & HERANA : Retour vers le passé (1ère partie)   Ven 28 Aoû 2009 - 11:27

Soudain une lueur éblouissante perça l’obscurité de la nuit, cent fois plus brillante que le soleil de midi en été. Une sphère de pure lumière blanche monta dans l’air à une trentaine de mètres du sol, au milieu du campement némédien, vraisemblablement à l’aplomb de la tente de commandement, si éclatante qu’on ne pouvait la fixer du regard sans risquer de se faire brûler les yeux.
« Ah ! cria Isil. Qu’est-ce qu... »

Elle tomba à terre entraînant Herana dans sa chute, portant vivement les mains à ses yeux pour les protéger de l’éblouissement tandis qu’elle sentait son crâne transpercé par des rayons qui se détachaient maintenant de la boule luminescente et qui couraient en myriade partout à travers le campement. De partout alentours, des cris d’horreur leur parvinrent aux oreilles, des hurlements effroyables qui leur firent dresser les cheveux sur la tête, provoqués par le déchaînement d’une vague de souffrance absolue lâchée par les enfers et déferlant sur le camp némédien telle un raz de marée de feu et de sang, arrachant les âmes des corps pour les entraîner et les broyer dans des abysses de tourments éternels. Les rayons blancs, froids, tournoyaient dans la nuit, frappant chaque mâle en le consumant instantanément d’un brasier intérieur comme celui d’une forge chauffée à blanc réduisant tout en cendre.
Les silhouettes se tordaient sous le feu de Mitra, se convulsaient en hurlant un bref instant sous l’atroce torture avant de s’enflammer et d’être réduites à néant en de petits amas de poussière grisâtre que le vent qui s’était brusquement levé éparpilla sur le sol. L’apocalypse durant à peine deux ou trois minutes qui parurent interminables aux témoins de la scène, puis la sphère lumineuse éclata comme un feu d’artifice en se désagrégeant dans la nuit et l’obscurité reprit son droit.

Un silence de mort retomba sur les lieux. Il n'y avait subitement plus âme qui vive dans le camp némédien, hormis Herana qui tenait dans un geste protecteur sa jeune amie, recroquevillée, dans ses bras.

Quand elle eut repris ses esprits, Herana bougonna.
« C’est décidé… cette fois, je suis complètement maudite… Argh ! »

Elle leva de sa main le visage de sa jeune amie pour vérifier que tout allait bien et sortit de dessous ses vêtements une fine dague qu’elle avait dissimulée et qu’elle destinait au chef des némédiens.
« Isil ! Isil, tu tiens le coup… tiens, prends cette arme et défends-toi si besoin ! »

Les deux femmes se relevèrent au milieu d’une poussière âcre qui voletait tout autour d’eux et qui se mélangeait à une sorte de brume étrange qui s’était formée au ras du sol. Aussi troublée que sa blonde amie, Herana ramassa l’arbalète d’un némédien, ou plutôt de l’armure vide d’un némédien dont le corps réduit en cendre avait littéralement disparu et progressa dans cette atmosphère morne et lugubre pour atteindre le centre du camp sur lequel l’apocalypse s’était abattu. A la place de la tente de commandement il y avait un énorme cratère et en son centre, la Pierre de Lune que contemplait la cimmérienne la bouche grande ouverte, sans voix.
« Pardonne-moi Mitra, murmura-t-elle en ravalant sa salive, je confirme que tu existes réellement. C’est vrai… seules les femmes ayant déjà porté un enfant on droit de toucher cette pierre… Un tel pouvoir n’a pas lieu d’être, du moins pas au milieu de guerres de clans, ou entre pays… entre nations… »

Elle était maintenant à genoux devant la Pierre de Lune qu’elle avait ramassée, ses mains la soutenant respectueusement en formant une coupe.
« Avec un tel pouvoir, je pourrais régler tellement de choses, mettre fin à tous les conflits… »

A présent elle l’élevait au-dessus de sa tête, les yeux brillants.
« … Libérer la cimmérie et éliminer tous les vanirs… »

Ses mains s’abaissèrent lentement.
« Mais tu exciterais la convoitise de tous les démons des enfers… Les hommes massacreraient pour posséder une telle arme de destruction… Je vais te ramener, comme je l’ai promis. »

Pendant tout son monologue, l’éclat de la Pierre de Lune variait d’un blanc plus lumineux à un blanc plus sombre, comme un cœur qui bat, au même rythme que celui d’Herana, comme si l’objet divin ne faisait qu’un avec elle. Puis, progressivement, elle perdit son éclat, tout doucement, pour à la fin, retrouver son apparence de matière inerte.

Titubant, Isil arriva derrière elle en regardant tout autour d’elle le campement et les tentes désertes, intactes, hormis celle de Pardenargh qui avait disparue. A ce détail près, il semblait simplement que le camp avait été abandonné précipitamment par les hommes, laissant chevaux, bétail et chiens errants derrière eux. Petit à petit, les vaches recommencèrent à meugler dans leur enclos et les chevaux à hennir dans les écuries. La jeune fille posa la main sur l’épaule d’Herana toujours agenouillée, la Pierre de Lune dans ses mains et murmura.
« Dis Herana, qu’est-ce qui s’est passé ? Où sont tous les soldats, ajouta-t-elle en regardant les armures vides qui jonchaient le sol de façon si éloquente qu’au fond d’elle-même elle connaissait la réponse, sans toutefois bien comprendre comment et par quoi tout cela était arrivé.
- Ton cher dieu les a tous châtiés, les uns après les autres, répondit laconiquement la cimmérienne en se relevant, la pierre toujours dans ses mains. Promets-moi de ne jamais toucher à cette pierre… Il ne faut pas, pour ta propre vie, n’y touche pas… Je dois la rapporter. Peut-être la vie d’un homme, au fond pas si mauvais que ça, est en jeu. »

Elle glissa la pierre dans son sac. Puis soudainement, elle prit Isil dans ses bras.
« Je n’ai pas cessé de penser à toi… Tu vas d’abord reprendre des forces, ensuite nous partirons. Tu verras… quelque chose de magnifique. »

La jeune fille goûta avidement cet instant la tête posée dans le cou de la cimmérienne en fermant les yeux. Blottie dans ses bras, elle en oubliait les jours de privation et de souffrance et plus rien ne semblait compter maintenant qu’elle avait retrouvé celle qui faisait battre son cœur.


CHAPITRE XIII

- Les condamnés -




Elles s’installèrent dans la tente de l’officier qui avait donné sa cape à Isil avant d’être frappé comme tous les autres par le doigt vengeur de Mitra, après avoir récupéré leurs montures et leurs affaires.

Herana fit chauffer de l’eau et en remplit une grande baignoire, volée certainement dans une maison de noble lors d’un pillage némédien, puis aida Isil à s’y étendre après avoir rapproché une table qu’elle garnit de nourriture et de vin, avant de s’allonger à son tour aux côtés de son amie qu’elle glissa entre ses bras pour la réconforter de ses caresses tout en lui tendant des fruits juteux.
« Tiens, mange doucement pour ne pas te rendre malade. Ton estomac s’est fermé à cause de tant de jours de privation… tu dois le réhabituer lentement à absorber de nouveau des aliments. »

Isil croqua un grain de raisin dont le jus sucré se répandit sur ses papilles avant de couler au fond de sa gorge. Elle ferma les yeux puis doucement, se mit à pleurer.

Herana posa doucement son doigt sur une grosse larme et la regarda choir dans l’eau parfumée de la baignoire avant d’essuyer tendrement les joues de la jeune fille qui était visiblement à bout de forces, physiquement mais surtout nerveusement.
« Je vais prendre soin de toi ma belle, murmura-t-elle à son oreille de façon réconfortante. »

Déposant un doux baiser du bout des lèvres sur son épaule, elle entreprit de lui frotter le dos avec calme et douceur, nettoyant des plaies dont certaines s’étaient infectées puis, soulevant les longs cheveux blonds et bouclés elle délassa avec l’éponge humide le cou torturé par les longues journées de position inconfortable passées dans l’exiguïté de la cage de bois. Elle acheva par une série de baiser sur la peau redevenue nette et douce en s’empourpra.
« Ça va mieux ? Je suis si heureuse que tu sois en vie… J’ai tellement de choses à te raconter. Mais le temps nous est compté. Demain matin, nous partirons vers la cité blanche, comme je te l’ai dit. »

Isil s’enfonça un peu dans l’eau pour laisser retomber sa tête en arrière entre les seins de la cimmérienne.
« Ça va aller, répondit-elle en retrouvant un sourire frais et spontané, un peu enfantin, je supporterai le voyage maintenant que je t’ai retrouvée. »

Puis elle ajouta en riant.
« J’ai faim ! Je crois que c’est bon signe… j’ai une faim de louve ! »

Sortant de l’eau, elle passa sur son corps mouillé une toge de fin coton trop grande pour elle et sans même la ceindre, s’assit impudiquement près de la table remplie de victuailles pour rattraper le temps perdu, remplissant sans attendre une coupe de vin qu’elle porta avec délice à ses lèvres qui reprenaient peu à peu une coloration naturelle.

La nuit était bien avancée lorsque les deux Louves s’allongèrent l’une contre l’autre dans le lit de l’officier némédien qui parut à Isil d’une incomparable douceur après les nuits qu’elle venait de vivre. Durant le repas Herana avait raconté l’aventure dont Behomar et elle avaient été les protagonistes. Il était facile ensuite d’imaginer ce qui s’était passé lorsque la cimmérienne était venue libérer Isil au bord de la fosse.

Pardenargh avait longuement contemplé la sphère inerte sensée faire peur aux éventuels ennemis de la cité blanche. Lui n’y croyait pas. Comment en effet un simple caillou pouvait-il recéler la moindre énergie ? Tout cela n’était qu’une légende destinée à protéger par la crainte qu’elle inspirait, cette ville de femmes et son or. Et cela avait fonctionné puisque ses hommes avaient refusé de marcher contre la cité par peur du terrible pouvoir que détenaient les prêtresses de Mitra avec leur Pierre de Lune ! Ainsi, il lui fallait leur démontrer que tout cela n’était que superstition et le meilleur moyen était de faire voler la pierre et de la montrer aux hommes.

Malgré tout, le némédien avait hésité à s’en saisir lui-même. N’avait-il pas envoyé une mère pour voler le soi-disant objet divin au cas où une once de vérité se serait glissée dans la légende ? Mais maintenant qu’il l’avait, là, devant lui, il en était certain : il n’y avait rien de magique dans ce vulgaire caillou et il avait fini par le prendre dans ses mains.

La suite, Mitra lui-même s’en était chargé.

*
* *


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Isil
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MessageSujet: Re: [BG] ISIL & HERANA : Retour vers le passé (1ère partie)   Jeu 3 Sep 2009 - 15:36

Le petit jour trouva les deux femmes étroitement enlacées et reposées. Un coq chanta bruyamment comme pour saluer l’aube vierge de tout ennemi et Isil s’étira longuement avant d’embrasser la cimmérienne qui ouvrait difficilement les yeux.
« Bonjour mon cœur ! dit-elle en se levant. »

Elle frissonna dans la fraîcheur matinale et se recouvrit d’un manteau némédien avant de puiser un peu d’eau dans ses mains pour se laver le visage. La jeune fille fit ensuite honneur aux provisions de bouche dont le camp regorgeait et trouva dans un bâtiment qui servait de magasin, des outres remplies du lait des vaches de l’enclos. Ainsi, les némédiens ne buvaient pas que du vin ? Elle en fut tout étonnée.
« Faut-il vraiment aller à cette cité pour rendre la Pierre de Lune ? J’ai peur que tu ne sois jugée durement… qui sait, peut-être te condamneront-elles à mort ? Je ne supporterai pas de te perdre de nouveau ! Après tout, Behomar doit être mort à l’heure actuelle et qui sait ce qu’elles ont fait à leur capitaine de la garde pour la punir de t’avoir laisser échapper avec la pierre ? »

Tout en s’étirant à la manière d’un félin, la cimmérienne lui répondit, radieuse.
« Rien ne me sera fait mais j’imagine que ne pourrai plus remettre les pieds dans cette si jolie cité où j’aurais bien aimé vivre un temps. C’est si prospère et si beau, que les journées sont magnifiques même lorsqu’il pleut… »

Elle se mit à rire.
« Et puis, n’oublie pas que nous devons toujours aller revoir ton ancien village ! Ce n’est pas une mésaventure qui m’arrêtera ! »

Herana se leva pour enlacer sa belle blonde.
« Et puis… je n’ai pas fait cela pour moi mais pour toi… ta vie compte tant ici ! fit-elle en posant sa main sur son cœur. »

Sa jeune amie sourit en lui caressant le corps.
« Oui, observa Herana, je sais, je suis nue… je vais m’habiller de ce pas. Tes affaires sont devant la tente… on part dans quelques minutes. »

*
* *

Les jours qui suivirent se passèrent sans incident notoire même si les deux jeunes femmes se montrèrent beaucoup plus prudentes dans le choix de leur lieu de bivouac. Isil se remettait doucement de sa captivité mais Herana avançait lentement, en prenant plus de temps qu’elle n’en avait pris avec Behomar, afin de la ménager et d’éviter de la fatiguer.


Elles s’attardèrent ainsi dans la campagne aquilonienne, longeant les montagnes et profitant du beau temps qui les accompagnait. Le gibier abondait ce qui leur permit de rester à l’écart des villages et d’éviter ainsi toute mauvaise surprise pour ne pas risquer d’exposer la Pierre de Lune à un quelconque danger.

Les liens qui se tissaient entre elles les rapprochèrent l’une de l’autre et parfois leurs moments intimes s’allongeaient indéfiniment à l’abri de quelque matelas de mousse fraîche sous le couvert des arbres des forêts ou dans l’intimité de quelque lac isolé, loin de toute présence humaine. La jeune fille se révéla très douée dans certains jeux mais Herana ne fit jamais allusion à son passage de plusieurs mois dans le bordel de la « Panthère Noire » d’où lui venaient certainement quelques habiletés particulièrement érotiques que la cimmérienne n’aurait jamais imaginées même dans les étreintes les plus passionnées.

Ces journées furent sans aucun doute, les plus merveilleuses que l’une et l’autre n’avaient pas vécues depuis fort longtemps et achevèrent de leur permettre de retrouver une certaine joie de vivre.
Cependant chaque kilomètre parcouru les rapprochaient de la Cité Blanche et un beau matin, elles arrivèrent en vue de ses murs remplis d’incertitude quant à ce qui y attendait la cimmérienne.
« Nous y sommes, grinça la guerrière entre ses dents. Quoiqu’il arrive, n’interviens pas et laisse faire. Je ne veux pas de sang versé ! »

Elles avancèrent à petite allure vers le serpent bleu de la rivière et Herana put remarquer deux choses : les portes étaient fermées et un grand nombre de sentinelles parcouraient les chemins de ronde de la cité qui était visiblement en état d’alerte. Du côté de l’auberge, tout semblait calme également. Cela ne ressemblait plus à la ville effervescente qu’elle avait laissée quelques jours auparavant et une impression désagréable de guerre venait gâcher l’effet paradisiaque qu’elle avait ressenti lors de son arrivée avec Behomar.

Et tout cela était sa faute.

Leurs montures franchirent le splendide pont qui menait vers l’entrée de la Cité Blanche puis elles parvinrent devant les grandes portes fermées.
« Halte ! cria une amazone tandis que des murailles quelques arcs montraient la pointe de leur flèche. Qui êtes-vous ? »

Sans dire un mot la guerrière plongea une main dans son sac et en ressortit la Pierre de Lune, la montrant à l’amazone qui recula d’un pas les yeux illuminés.
« Votre grande prêtresse attend cette pierre... Si tu me laisses passer, je pourrais la lui rendre, non ? »

Observant les archères menaçantes, elle éleva la Pierre au-dessus d’elle pour que toutes puissent la voir. Comme pour lui répondre, la sphère se mit à briller.
« Si j’étais vous, j’ouvrirais les portes ! »

Des ordres fusèrent de derrière les murailles, on entendit une galopade puis des bruits de bottes résonnèrent et enfin, les battants s’ouvrirent. Une amazone, en armure dorée semblable à celle que portait Dulci la première fois qu’elle l’avait rencontrée, se tenait à cheval devant Isil et Herana, entourée d’une bonne trentaine de gardes qui se tenaient de part et d’autre de l’entrée, en une haie d’escorte.
« Suivez-moi ! ordonna l’officier d’un ton peu aimable en leur faisant un geste du bras tandis que l’escorte les entourait de près pour les conduire vers le sommet du rocher.

Derrière elles, les hautes portes se refermèrent à grand bruit.
« Nous voilà prisonnières… encore ! pensa Isil amèrement.

Sur leur passage, des habitantes de la cité sortirent de leur maison, arrivant des ruelles de la ville et se mirent à les suivre. La foule silencieuse allait grandissant et accompagna la petite troupe qui monta la rue menant au parvis de marbre avant de s’arrêter devant le temple où l’officier mit pied à terre. Herana et Isil en firent autant tandis que les soldats les entouraient préventivement.
« Vous ne pouvez entrer dans le Temple avec des armes, ce serait un sacrilège… un de plus, ajouta l’amazone froidement en regardant Herana dans les yeux. Veuillez laisser toutes vos armes sur vos chevaux et suivez-moi. Sulya nous attend ! »

Isil obtempéra sans rien dire. Tout cela lui échappait un peu mais une crainte la rongeait de l’intérieur. Elle se tourna, silencieuse vers son amie, l’air inquiète. Que pouvait-elle faire d’autre dans l’immédiat ?

Laissant leurs armes accrochées à leur monture, les deux Louves s’engagèrent dans la semi obscurité du Temple à la suite de l’officier. Leurs pas résonnèrent sur le marbre froid jusqu’à la grande prêtresse qui se trouvait dans le fond entourée de ses six consoeurs.
« Halte ! ordonna l’officier lorsqu’elle fut à deux mètres de Sulya. »

Puis elle s’écarta en se mettant sur le côté.
« Voici la voleuse ! fit-elle. »

Herana la foudroya du regard tandis que Sulya prenait la parole.
« Je ne vous demande pas pourquoi vous avez trahi notre confiance, abusé de notre hospitalité et commis ce sacrilège à l’égard de Mitra. Dulci nous a expliqué vos motivations. »

Elle se tourna légèrement vers Isil en pointant sa longue main vers elle.
« Voici sans doute celle pour qui vous avez commis ce crime ! La chair est faible mais aucune existence ne justifie un tel sacrilège à mes yeux !
- Et à ceux de Mitra ? persifla Herana.
- Nous le saurons bientôt ! répliqua mystérieusement la grande prêtresse d’un ton qui fit froid dans le dos de Isil. En attendant, la Pierre de Lune doit retourner d’où elle vient ! »

En disant ces mots, Sulya tendit ses mains et, alors qu’elle entamait une incantation dans une langue totalement inconnue des deux Louves, ses yeux se révulsèrent et devinrent uniformément gris, puis blancs et brillants en même temps que la Pierre en faisait autant.
« Non ! cria Herana. J’ai vu la puissance de la Pierre, ne faites… Ah ! »
Laissant échapper un cri de douleur, la cimmérienne lâcha la Pierre de Lune qui lui brûlait la main mais celle-ci ne tomba pas et resta en lévitation dans les airs devant elle, éclairant le temple d’une puissante lumière avant de se mettre en mouvement et de se déplacer vers le Saint des Saint pour reprendre sa place dans les mains de la statue d’or avant de perdre son éclat et de retrouver son aspect inerte.

Sulya laissa retomber ses mains avant que ses yeux ne redeviennent normaux. Elle regarda attentivement Herana les sourcils sévères.
« Ainsi tu as vu la puissance de la Pierre ? Impossible ! Tu ne connais pas la langue des dieux ! »

Un sourire se dessina sur les lèvres de la guerrière qui croisa fièrement ses bras.
« Je n’en ai pas eu besoin. Un homme l’a touché ! »
Les prêtresses eurent un mouvement de recul instinctif.
« Un homme ? s’exclama Sulya. Qui ?
- Un némédien… précisément celui qui nous a capturées et qui a enfermé mon amie durant des jours, entièrement nue dans une cage de bois suspendue en plein air au-dessus de pieux acérés, sans rien boire ni manger.
- Raconte ! Comment s’est manisfesté la puissance de Mitra ? »

La question pouvait sous-entendre deux choses : ou bien la prêtresse n’en croyait rien, ou bien elle n’avait jamais sollicité le pouvoir de la Pierre de Lune. Isil pencha pour la seconde solution.
« Une lueur mille fois plus grande que celle qu’elle vient de produire et des rayons d’un feu froid qui a consumé chacun des hommes de ce camp en les réduisant en poussière qu’un vent de puissance a balayé. Nous y étions. Nous n’avons rien senti, ni les animaux… rien que les hommes. J’en ai déduit que le chef némédien avait pris la Pierre dans ses mains car il ne croyait pas en son pouvoir. »

Sulya se retourna vers ses consoeurs qui se rapprochèrent d’elle pour échanger quelques propos dont la teneur ne parvint pas jusqu’aux oreilles des deux Louves. Puis la grande prêtresse se retourna de nouveau vers elles.
« Si Mitra ne t’a pas châtiée en même temps que ces hommes, tu ne seras pas mise à mort par nos mains. Lui seul te jugera. Demain. »

Elle fit un geste vers les gardes qui entourèrent Herana et Isil, armes à la main.
« N’opposez aucune résistance si vous ne voulez pas être tuées.
- Suivez-moi, ordonna l’officier en repartant vers la sortie du Temple. »

Il n’y avait d’autre choix que de la suivre, ce que firent les deux Louves de la colère dans leur cœur.

Leurs chevaux et leurs armes n’étaient plus là et d’autres gardes attendaient. Ce fut donc sous bonne escorte qu’elles furent conduites par une rue qui se rapprochait du flanc de la montagne qui tombait vers la ville en une impressionnante falaise à pic jusqu’à un grand bâtiment qui y était adossé, vraisemblablement le haut lieu de la garnison militaire de la ville.

La foule n’avait pas suivie. Disciplinées, les habitantes étaient toutes rentrées à l’intérieur du Temple, soit pour participer à une quelconque cérémonie en l’honneur du retour de la Pierre de Lune, soit pour écouter Sulya s’adresser à elles.

L’officier de la garde entra dans le bâtiment où de nombreuses amazones arrêtèrent leurs activités pour les regarder passer, puis descendit un long escalier qui menait aux prisons de la ville.

Isil jeta un regard à Herana sans rien dire. L’endroit était plutôt sombre et l’officier leur ouvrit une grille pour les laisser entrer dans une vaste salle meublée dont le fond était plongé dans l’obscurité avant de la refermer sur elles toujours sans rien dire puis se retira.

Il y eut deux cris quasiment simultanés qui montèrent du fond de la vaste salle.
« Herana ! »
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MessageSujet: Re: [BG] ISIL & HERANA : Retour vers le passé (1ère partie)   Ven 25 Sep 2009 - 18:31

Des pas se firent entendre dans les couloirs, une porte grinça puis une femme, escortée par quatre gardes s’avança vers la grille qui fermait leur salle.
- Je suis la prêtresse Ghemaddi et je porte les sceaux de justice. Je suis venue vous apporter la sentence du Grand Conseil.
- Vous pourriez au moins écouter ce que… intervint Isil.
- Silence ! coupa la femme d’une voix autoritaire. Considérant que vous avez adouci votre crime sacrilège en ramenant la Pierre de Lune à ses propriétaires, le Conseil a décidé de ne pas vous mettre à mort de ses mains. Vous avez été témoin de la toute puissance de Mitra et vous avez survécu. Aussi, c’est Mitra et lui seul qui vous jugera.
- Oh non… gémit Dulci du fond de la prison, non…
- Qu’est-ce que ça veut dire ? chuchota Behomar à son oreille.

Il la sentit trembler contre lui. Herana leva la tête et dit d’une voix qui, elle, ne tremblait pas.
- Je suis prête à m’en remettre à son jugement !

Tout en prononçant ces mots, elle se souvint de la tempête de feu glacé qui avait anéanti les némédiens et elle ne put s’empêcher de frissonner. Isil qui s’était rapprochée d’elle posa une main sur son bras. La prêtresse reprit.
- Le Conseil condamne la nommée Herana à subir l’épreuve du Jugement de Mitra ! Si elle en sort vivante, elle pourra partir avec son amie. Sinon, son amie s’en ira seule !
Dulci échappa à l’étreinte protectrice de Behomar et se précipita vers la grille qu’elle secoua.
- Foutaises ! Vous la condamnez à mort ! Personne ne peut sortir vivant de ce trou ! Vous la tuez aussi sûrement qui si vous lui passiez une épée au travers du corps !

Herana saisit fermement Dulci par les deux épaules et la décrocha littéralement des barreaux qu’elle étreignait avec désespoir pour la raccompagner dans les bras du némédien. La Louve était d’un calme froid et distant. Presque inquiétant. Elle revint vers la grille et plongea ses yeux gris, magnétiques, dans ceux de la prêtresse.
- Je n’ai rien fait de mal qui mérite que Mitra me condamne à mort. S’il l’avait voulu, il aurait déjà accompli cette oeuvre.

Les deux femmes se regardèrent un instant en silence, puis la première, Ghemaddi détourna le regard.
- Bien, fit-elle entre ses dents, le Jugement sera rendu demain lorsque le soleil sera à son zénith.
- J’espère que nous ne serons pas morts de faim d’ici là… ce serait dommage pour votre cérémonie, ironisa la cimmérienne.

La prêtresse grinça des dents.
- Vous aurez droit de manger ce que vous voudrez et que nous pourrons vous procurer ! Ainsi est notre loi !
- Parfait, conclut Herana qui semblait vouloir avoir le dernier mot, j’ai une faim de… louve !

Ghemaddi tourna les talons sans rien rajouter, impressionnée malgré elle par la puissance qui se dégageait de la guerrière, et se retira avec son escorte. La porte du couloir se referma et le silence retomba. Herana les regarda attentivement tour à tour.
- Et bien les amis, ne faites donc pas ces têtes d’enterrement ! Il n’est pas question que demain soit mon dernier jour sur Hyboria !

Malgré le sourire rassurant de la guerrière et son aplomb, le cœur n’y était pas. Behomar s’était assis à même le sol et Dulci s’était calée entre ses jambes contre lui. Isil soupira. Elle alla s’allonger sur un matelas étonnamment propre sans quitter Herana des yeux. Celle-ci attrapa une chaise et la retourna pour s’y asseoir en croisant les bras sur le dossier pour leur faire face.
- Vas-y Dulci, invita-t-elle, tu sembles en connaître un bout sur Mitra et son jugement… raconte-nous !

L’amazone se mordit les lèvres.
- Je ne suis pas certaine que ce soit une bonne idée de te…

Elle s’interrompit sous le regard impérieux de la guerrière.
- Bon, bon, continua-t-elle, je vais vous expliquer…
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MessageSujet: Re: [BG] ISIL & HERANA : Retour vers le passé (1ère partie)   Mer 30 Sep 2009 - 16:56

CHAPITRE XIII

- Le jugement de Mitra -



Dulci avait une petite voix qui avait perdu sa gaîté. Tandis qu’elle parlait, Behomar lui lissait doucement ses longs cheveux bruns attachés en une imposante et haute queue de cheval. Leur attitude avait surpris Isil qui ne s’attendait pas à trouver ce qu’il fallait bien appeler deux amoureux.
- Il y a un chemin étroit qui part d’un des côtés du temple et qui s’enfonce dans les entrailles de la falaise, entre deux parois très hautes et très lisses. Ce chemin monte en serpentant à flanc de montagne pour déboucher dans une sorte de cirque rocheux d’un diamètre d’environ… une cinquantaine de mètres tout au plus. Il est impossible de l’atteindre autrement que par ce chemin. Les parois de ce lieu sont ornées de demi colonnes taillées à même la roche entre lesquelles sont sculptées des tableaux mettant en scène des animaux et des humains. La légende veut que ce soit la représentation des différentes formes de vie que Mitra a pris pour venir dans notre monde au fil des siècles. C’est un lieu vraiment magique et de toute beauté…

Dulci avait les yeux perdus dans le vague comme si elle voyageait dans l’espace. Saisissant une des mains de Behomar, elle y déposa un baiser, dans le creux de la paume, avant de continuer.
- Au centre de ce cirque est creusé un puit… une sorte de cuve cylindrique de quatre ou cinq mètres de diamètre et de profondeur, taillée dans le sol par la main même de Mitra… enfin, toujours selon la légende. Personne ne sait en fait depuis quand ce lieu existe. Vers le haut de ce puits se trouvent sept bouches ornées de sculptures représentant des têtes de Mitra sous différents avatars. Au fond de la cuve, une grande grille couvre presque tout le sol.

L’amazone regardait à présent Herana de façon intense.
- De façon inexpliquée, ce puits se remplit d’eau et se vide à des intervalles assez rapprochés. L’eau s’écoule des bouches et remplit la cuve en quelques minutes. Celle-ci reste pleine un certain temps qui peut varier de une à plusieurs minutes, puis elle se vide par le fond presque instantanément. Personne ne peut prévoir son cycle et personne n’a trouvé d’explication à ce phénomène. Mais les rares fois où j’ai pu observer ce phénomène, la cuve est restée pleine cinq bonnes minutes.

Elle prit une grande inspiration qui souleva sa poitrine sous l’ample tissu de sa tunique comme si subitement elle manquait d’air dans ses poumons.
- L’eau de ce puits est sacrée et sert à différents rituels religieux, aux ablutions des prêtresses, à la purification du Temple… La légende dit que ce sont les larmes que Mitra verse en observant la terre d’Hyboria qui se déversent dans ce puits… Le jugement de Mitra consiste à plonger quelqu’un, lourdement enchaîné, au fond du puits quand celui-ci est plein puis à attendre que la cuve se vide. Si le condamné est en vie alors c’est que Mitra ne lui reprochait rien. S’il est mort…

La phrase resta en suspend. Il n’était pas nécessaire pour Dulci d’aller plus loin. Sa voix se brisa quand elle rajouta.
- Selon les archives les plus anciennes que j’ai eu l’occasion de consulter, tous ceux qui ont eu à subir ce jugement se sont noyés… Mais il n’avait plus été prononcé depuis très longtemps.

Le silence fit suite à cette dernière phrase. Ce fut Herana qui le rompit la première d’un ton agacé.
- Ça tombe bien, j’avais justement envie de prendre un bain ! En tout cas, j’espère qu’on va nous apporter de quoi manger… Je meurs de faim !
*
* *

La question que Isil n’osait pas poser à Dulci trouva sa réponse un peu plus tard dans la journée lorsque l’amazone précisa que la peine de mort était habituellement appliquée en jetant le condamné du haut de la falaise derrière la prison. Ainsi, elle et Behomar finiraient les os brisés par une chute d’une vingtaine de mètres. Puis les heures s’égrenèrent lentement, moroses et silencieuses. Herana finit par avoir son repas et mangea de bon appétit. Ce fut la seule. Behomar et Dulci restèrent dans le coin de la salle, sous la protection illusoire de l’obscurité des lieux tandis que Isil essaya d’avaler un peu de nourriture sans grand succès.
- J’espère toujours pouvoir connaître cette merveilleuse vallée où tu as vue le jour, disait Herana d’une voix rassurante.

Isil hocha la tête.
- Je me demande si ce voyage était une bonne idée. Nous aurions peut-être mieux fait de rallier les Terres Sauvages pour y attendre que les Loups se rassemblent de nouveau.
- J’aime voyager, objecta Herana la bouche pleine, et j’apprécie de connaître des lieux d’Hyboria que je ne connais pas. Une région aussi cachée que ton Pays des Quatre Vallées mérite bien un petit détour non ?
- Les souvenirs qui m’y attendent sont peut-être trop douloureux, grimaça l’archère, je ne sais si…
- Justement, il faut exorciser ton passé ! Tu ne peux pas vivre dans cette douleur indéfiniment. Il faut regarder une dernière fois en arrière avec des yeux neufs pour tourner définitivement le dos à tout cela et repartir de l’avant !

Isil ne répondit rien. La jeune femme se demandait à présent si cet avenir se construirait avec ou sans la cimmérienne et, si c’était sans, comment l’annoncerait-elle à Kathleen et à Rosa ?

*
* *


En d’autres circonstances, l’endroit aurait paru enchanteur. Les lieux formaient une sorte de petit temple à ciel ouvert et les sculptures qui ornaient l’ensemble étaient de véritables chefs d’œuvre artistiques.

Une foule silencieuse avait suivi les prisonniers soigneusement encadrés par des gardes, eux-mêmes précédés par le collège des prêtresses de la Cité de la Pierre de Lune en longues robes de cérémonie. Parvenues au centre du cirque rocheux, les prêtresses se placèrent à l’opposé des captifs en arc de cercle, autour de la grande cuve de pierres blanches comme le marbre. La cuve était vide. Au fond on voyait la grande grille par lequel elle se vidait.
- Et si elle ne remplit pas de la journée ?ironisa Herana à voix basse. Je n’ai pas que ça à faire d’attendre que Mitra pleure !
- Tu n’as pas peur de ce qui va arriver ? interrogea Dulci.
- Il y a longtemps que j’ai cessé d’avoir peur, confia la cimmérienne.
- J’admire ton calme, fit Isil d’une voix inquiète. J’espère que la cuve ne restera pas pleine trop longtemps… si Mitra le veut bien.

Herana la regarda du coin de l’œil.
- Tu ne penses tout de même pas que la légende est vraie ? Il doit s’agir d’un problème de résurgence, un lac situé quelque part dans les montagnes qui communique avec cette cuve de façon souterraine par un siphon qui doit s’amorcer lorsque l’eau atteint un certain niveau, ce qui provoque l’écoulement qui remplit la cuve et par là même le désamorçage du siphon… enfin un truc comme ça.
- Tu penses à quelque chose de naturel ? s’enquit Behomar.
- Bien sûr, idiot de némédien. Tu ne prends quand même pas toi non aussi la légende au pied de la lettre ?
- Mais elle devrait se vider au fur et à mesure qu’elle se remplit, reprit Isil. Pourquoi se remplit-elle ?

Herana haussa les épaules.
- Est-ce que je sais moi ? Peut-être un autre siphon ou quelque chose qui obstrue l’écoulement et qui cède lorsque la pression est trop forte ?
- Quoi que ce soit, c’est un piège mortel, gémit Dulci.
- Silence, glapit Ghemaddi.

Sulya se détacha de l’alignement des prêtresses et s’avança tout au bord du puits en levant les bras vers le ciel bleu.
- Oh Mitra, voit celle qui a commis le sacrilège de profaner ton Temple en dérobant la Pierre que tu as confiée à tes filles et pose sur elle ton jugement divin ! Pleure tes larmes de justice et inonde ce puits de ton eau purificatrice afin de rendre ta sentence !

La Grande Prêtresse venait à peine de prononcer ses derniers mots qu’un grondement sourd se fit entendre qui se communiqua à l’assemblée par une vibration du sol.
- Mitra pleure ! cria Sulya.

Toutes les personnes présentes mirent aussitôt un genou à terre y compris Dulci. Seuls Herana, Isil et Behomar restèrent droit sur leurs jambes. Soudain, des sept têtes sculptées jaillirent des torrents d’eau et d’écume sous pression qui se déversèrent dans un bruit de tonnerre à l’intérieur de la cuve. Le son amplifié par la profondeur du puits était assourdissant. L’eau était claire, limpide comme le cristal, parfaitement pure. En quelques minutes la cuve fut remplie, l’eau recouvrant les bouches pour s’arrêter à quelques centimètres du bord du bassin, laissant le silence retomber sur les lieux. Dans un bruissement de tissu l’assemblée se releva. Un léger murmure parcourut les lèvres des spectateurs quand deux gardes s’approchèrent dans le dos d’Herana pour lui saisir les poignets afin d’y fixer une grosse chaîne terminée par un boulet blanc en marbre.
- Herana ! s’exclama Isil en esquissant un mouvement immédiatement interrompu par la pointe d’une lance entre ses deux omoplates.
- Ne bouge pas jeune fille ! lui lança la cimmérienne d’un calme olympien.
- Laissez-là ! cria Dulci à l’encontre des prêtresses. Ça ne vous suffit donc pas de vouloir prendre nos deux vies à Behomar et à moi ? Elle vous a rapporté la Pierre de Lune ! Son acte était guidé par la compassion pour son amie et…

Dans un gémissement elle tomba à genoux, frappée par une amazone à l’arrière du crâne.
- Silence ! cria le garde.

Behomar se retourna vivement comme pour attraper l’amazone à la gorge mais deux lances lui barrèrent le chemin.
- Ne bougez pas ! ordonna Ghemaddi ou vous mourrez sans délai !
- Il vaudrait mieux pour vous que vous ne vous retrouviez pas un jour au bout de la pointe de mon épée ! menaça Herana en regardant la prêtresse.

D’un geste exaspéré, Sulya fit un geste à l’officier de la garde. Aussitôt, l’amazone poussa violemment Herana dans le dos, la projetant dans l’eau de la cuve.
- Non ! crièrent ensemble Isil et Dulci.

Behomar se mordit les lèvres violemment et du sang s’écoula de la morsure. Emportée par le poids en marbre, Herana fut entraînée jusqu’au fond. La transparence de l’eau permettait de la voir distinctement. Elle ne se débattit pas et resta droite, immobile, debout contre la bordure rocheuse à l’écart de la grille centrale.
- Herana ! sanglota Isil laissant des larmes s’écouler sur ses joues. Soyez maudites, toutes ! cria-t-elle subitement en se retournant vers la foule silencieuse. Que les dieux détruisent votre cité et vous avec ! Vous ne valez pas un millième de ce que vaut mon amie ! Vous n’avez aucun courage comparé à elle !

Elle tomba à genoux, au bord de la cuve, penchée vers l’onde claire en tendant les mains vers le fond.
- Herana, mon amour ! sanglota-t-elle.

La pression sur les poumons devenait de plus en plus forte et aucun signe du retrait de l’eau ne s’annonçait.
- Je vais donc finir noyée dans ce trou à rat ? se dit Herana en pensant tout à coup qu’elle ne reverrait plus sa fille ni sa jeune sœur, pas plus que la jeune femme blonde dont la silhouette tremblait là haut, à la surface du bassin. Elle ne pourrait plus caresser sa peau si douce, promener ses mains sur ses formes harmonieuses et si délicieusement courbées.

La cimmérienne retenait son souffle mais sa cage thoracique commençait à la faire cruellement souffrir. Elle grimaça. Ainsi c’était le bout de la route, la fin de ses aventures ! Il lui suffisait de relâcher d’un seul coup tout l’air de ses poumons et aspirer puissamment l’eau et tout serait accompli.

Petit à petit, les muscles de sa poitrine douloureuse faiblissaient. Le manque d’oxygène commençait à embrouiller ses pensées. Sans qu’elle puisse l’empêcher, elle laissa l’air s’échapper de ses poumons torturés. De grosses bulles montèrent et éclatèrent bruyamment à la surface immobile du bassin.
- Non, non ! pleura Isil.

Prise de convulsion, la guerrière ne put empêcher ses poumons de se vider. C’était fini, plus rien ne la sauverait à présent car même si la cuve commençait à se vider, elle n'avait plus la force d'attendre que l'eau s'évacue. Elle ferma les yeux. Dans une tentative désespérée, elle tenta de se libérer de ses chaînes sans succès. Il fallait respirer à tout prix. Mais ce serait de l’eau qui entrerait en elle. Elle ouvrit la bouche.
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Isil
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MessageSujet: Re: [BG] ISIL & HERANA : Retour vers le passé (1ère partie)   Lun 12 Oct 2009 - 18:49

Au même moment, elle sentit un contact étrange sur ses lèvres et quelque chose de chaud lui envahir le corps, la rappelant à la vie. Elle ouvrit les yeux et distingua un visage pâle comme la mort, entouré de longs filaments jaunes qui flottaient tout autour de lui. La bouche collée à la sienne, Isil venait de lui insuffler l’air de ses propres poumons.

L’archère avait plongé. Un geste imprévisible qu’aucun garde n’avait pu empêcher. Sulya n’avait pas bronché. L’officier l’interrogea du regard et la grande prêtresse bougea imperceptiblement la tête de droite à gauche pour lui signaler de ne pas bouger. Au centre du bassin, la tête blonde réapparut pour aspirer une grande bouffée d’air et replonger aussitôt. L’effort était violent. Au bout de quelques allers et retours, Isil sentit ses forces diminuer. Seule la rage qui s’était emparée d’elle lui permettait de continuer. Elle ne parvenait plus à respirer pour elle et pour son amie et elle sentait ses muscles se tétaniser. Les mouvements qu’elle devait faire pour remonter et surtout descendre devenaient de plus en plus difficiles à accomplir. Un dernier plongeon. La cuve restait désespérément pleine. Elle n’en pouvait plus. Elle ne voulait plus. Elle s’accrocha aux épaules d’Herana en la fixant de ses yeux bleus remplis de larmes tout en secouant la tête. La cimmérienne comprit qu’Isil allait rester au fond avec elle. A son tour, elle secoua vigoureusement la tête pour lui signifier son refus de la voir mourir aussi mais l’archère restait agrippée à ses épaules. Le visage soudainement apaisé, Isil embrassa longuement Herana et en la fixant dans les yeux, puis elle relâcha s’un coup tout l’air de ses poumons tandis que la cimmérienne écarquillait des yeux horrifiés. Isil ne bougea plus et se pressa contre sa poitrine, comme un enfant auprès de sa mère. Deux secondes plus tard, la guerrière sentit son corps agité de spasmes nerveux. Isil se noyait.

Alors une main puissante attrapa les longs cheveux blonds et la jeune femme s’envola vers le bleu du ciel tandis que Dulci prenait le relais en insufflant à son tour l’air de ses poumons à Herana. Arrivé à la surface, Behomar souleva le corps inanimé de l’archère au bout de ses bras pour le déposer sur le bord du bassin. Puis il inspira longuement et replongea à son tour. Le ballet recommença sous les yeux médusés de l’assemblée, immobile, comme pétrifiée quand soudain, dans un grand bruit, d’énormes bulles d’air éclatèrent au centre du bassin et dans un grondement sourd, le niveau de l’eau commença à baisser, d’abord lentement puis de plus en plus vite. Behomar, qui remontait à cet instant précis, réussit à s’agripper au bord de la cuve pour se hisser à l’extérieur tandis que Dulci n’eut pas d’autre choix que de se cramponner à Herana afin d’éviter d’être plaquée contre la grille. Le courant cingla leur corps en s’échappant de sa prison et quelques secondes plus tard, l’eau avait disparu. Au fond de la cuve, Dulci et Herana étaient tombée à genoux sous l’effet du courant puis de la pesanteur retrouvée, toussant et crachant l’eau qu’elles avaient avalée dans le maelström.

Un murmure parcourut la foule et tous les yeux se tournèrent vers la grande prêtresse. Celle-ci parcourut du regard le visage de ses consoeurs avant de s’adresse à la garde.
- Remontez-les !

Aussitôt une échelle de corde fut déployée et deux gardes descendirent au fond du bassin. L’un deux muni d’une clé, délivra Herana de ses chaînes et voulut l’aider à se relever. La réaction de la cimmérienne fut vive. Elle le repoussa brutalement.
- Ne me touche pas !

Elle se releva et aida Dulci à en faire autant avant de l’aider à monter l’échelle de corde. Arrivée en haut de la cuve, elle vit Behomar penché sur le corps inerte d’Isil et se précipita vers elle.
- Isil ! Isil ! appela-t-elle en lui giflant plusieurs fois le visage. Isil ! Reviens ! Je t’interdis de me laisser maintenant !
- Elle ne respire plus, constata Behomar à regret.
- Je voudrais bien voir ça ! s’écria Herana en levant le poing qu’elle abattit sur le thorax de la jeune femme, juste entre les deux seins.

Sous l’impact, le corps d’Isil se souleva avant de retomber agité de spasmes. Une quinte de toux fit jaillir de sa bouche un flot de liquide. Herana retourna prestement l’archère sur le flanc pour aider au vidage des poumons.
- Vas-y ma douce, vide toutes ces larmes de Mitra qui sont en toi, tu n’en as plus besoin !

De violents efforts l’aidèrent à vomir toute l’eau qui obstruait ses voies respiratoires. Quand elle eut fini de tousser et de cracher, la jeune femme leva les yeux et regarda autour d’elle.
- Herana ! murmura-t-elle en esquissant un sourire, tu es vivante !
- Je suis bien trop turbulente pour que Mitra veuille de moi dans sa demeure ! Mais ce n’est pas grâce à lui ! Vous ne manquez pas d’air tous les trois !

Behomar laissa échapper un rire nerveux.
- Si tu peux plaisanter de nouveau, c’est que tu vas bien !

Il étreignit la guerrière puis Dulci en fit de même, serrant à la fois la cimmérienne et son némédien.
- Hélà ! J’ai pas réussi à me noyer alors vous essayez de m’étouffer ? fit Herana en riant à son tour.

Les prêtresses avaient fait le tour du bassin et s’étaient rapprochées d’eux, Sulya à leur tête. Elle avait échangé son air sévère pour un air embarrassé, comme confrontée à un dénouement qu’elle n’avait pas prévu.
- Qu’est-ce que nous allons faire de vous ! laissa-t-elle échapper en les regardant à tour de rôle.

Herana se campa devant elle, les mains aux hanches.
- Désolée de vous poser tant de problèmes !
- Quelle amitié remarquable ! Aussi anachronique que cela puisse paraître ! Un némédien, une cimmérienne, une fille d’Aquilonie et une enfant de la Pierre de Lune ! Pourquoi ne suis-je pas étonnée que Mitra n’ait pas voulu priver Hyboria de tant de courage et d’abnégation ! Entre une cimmérienne qui risque sa vie pour sauver celle de son amie, son amie qui donne à son tour sa vie pour elle et le reste de l’équipe qui en fait tout autant !

Isil s’était relevée, aidée par Dulci et Behomar. Se tournant vers les autres prêtresses, Sulya tint un rapide conciliabule à voix basse avant de se retourner de nouveau vers Herana.
- Le collège est unanime. Si Mitra n’a pas voulu vous condamner, nous ne le ferons pas non plus ! La peine prononcée contre la capitaine Dulci et le némédien Behomar est levée. Vous êtes libres de quitter la cité… Toutefois…

Elle fit deux pas en avant pour se rapprocher de Dulci.
- Capitaine Dulci, tu es relevée de ton commandement et tu devras quitter la Cité de la Pierre de Lune sans délai… mais quelque chose me dit que ce ne sera pas une sanction bien lourde pour toi, ajouta-t-elle en regardant Behomar. Cependant, le conseil ne te bannit pas définitivement. Tu pourras revenir passée l’année, pour nous donner des nouvelles d’Hyboria quand bon te semblera.

Sulya semblait soudain vieillie. Elle avança une main vers Dulci et lui caressa la joue.
- Tu me manqueras, ma fille.
- Je promets de revenir un jour, balbutia Dulci en retenant ses larmes.

Sulya se tournait à présent vers Herana.
- Tu es un noble cœur et une grande guerrière.
- Je suis Meneuse de Meute des Loups du Vanaheim.
- Les Loups du Vanaheim ? Je connais ce nom et leur légende. Une grande et tortueuse légende. Siobhan… Je comprends beaucoup de choses à présent. J’aimerais que tu me parles de Siobhan… Je suis heureuse que tu ais triomphé du Jugement de Mitra.

La cimmérienne qui aurait volontiers passé son épée à travers le corps de la prêtresse explosa.
- Heureuse ? Et puis quoi encore ! Vous croyez vraiment que Mitra a quoi que ce soit à voir avec ce phénomène aquatique ? Vous vous réfugiez derrière cette légende pour dissimuler votre lâcheté, votre incapacité à assumer vos décisions et vos jugements ! C’est Mitra qui juge, ce n’est pas vous ? C’est Mitra qui a noyé le condamné, ce n’est pas vous ! Pratique ! Vous n’avez pas un millième du courage de mes compagnons !

Elle avait haussé le ton pour que chacun l’entende distinctement provoquant dans l’assemblée un murmure sourd.
- Quoi ? Vous ne voulez pas entendre la vérité ? Vous croyez que le courage c’est de se planquer derrière vos murs en vous coupant du monde extérieur ? De vivre dans l’autarcie la plus complète ? N’est-ce pas plutôt de la crainte ?

S’approchant doucement d’elle, Isil lui posa sa main sur le bras et dit d’une voix douce.
- Allons-nous en d’ici Herana !
- Je comprends ton amertume, Louve, répondit Sulya, mais ne nous juge pas trop sévèrement. Notre passé nous a enseigné que nous ne pouvions faire confiance à personne d’autre que nous.
- Et alors ? Que sais-tu de notre passé à nous ? Que sais-tu de ce qu’on a fait à Isil et à son peuple il n’y a guère si longtemps ? Quel est le plus grand courage, de vivre cloîtré, refermé sur soi-même ou de continuer à exister dans le monde pour aider à ce qu’il soit mieux demain que hier ?

Sa colère retomba comme elle était venue.
- Je crois que nous ferions mieux de partir, ajouta-t-elle et caressant la joue de l’archère, nous n’avons plus rien à faire ici.

Tournant le dos aux prêtresses, elle se mit en marche vers la cité en murmurant.
- Ni rien à attendre de vous !

*
* *


- C’est ici que nos chemins se séparent, annonça laconiquement Behomar.

Cela faisait plusieurs jours qu’ils avaient quitté la Cité de la Pierre de Lune. Ils avaient contourné la région de Tarentia par le nord et se trouvaient à présent au sud-ouest de la chaîne des monts Golami. Si Herana n’avait pas lancé un seul coup d’œil vers la cité blanche en la quittant, Dulci avait longuement contemplé les murs de la ville avant de la perdre définitivement de vue et n’avait pu retenir quelques larmes. Mais la présence de Behomar eut vite fait de lui rendre son sourire et un soir, autour d’un bon feu de bois, elle s’était mise à chanter dans la nuit claire puis à danser, entraînant Isil avec elle.

Ainsi au fil des jours, ils avaient appris à se connaître. Behomar s’était montré très attentionné envers ses compagnes de chevauchée faisant preuve d’une touchante sensibilité pour un guerrier. Herana put vérifier qu’il n’était effectivement en rien comme son père. Les fils ne ressemblent pas toujours à leur géniteur semblait-il. Il écouta patiemment Isil raconter son histoire, se montrant curieux de tout, posant des questions, s’intéressant au moindre détail. Isil avait besoin de parler, de se confier. Cela paraissait exorciser quelque chose en elle. Une partie du deuil de ce qu’elle aurait du être, aurait pu vivre, se faisait au fil des confidences qu’elle faisait à ses nouveaux amis.

Behomar et Dulci avaient décidé de continuer vers la Némédie. Ils aspiraient à une vie plus tranquille. Le némédien envisageait de bâtir une ferme dans la campagne némédienne, sur la route qui va de Tarentia à Belvérus, propice pour les échanges commerciaux. Herana leur avait proposé de rester avec Isil et elle, pour rejoindre à terme la nouvelle armée des Loups du Vanaheim où leurs talents seraient appréciés, mais les deux amoureux n’avaient pas le goût des combats. Ils visaient autre chose que Isil comprenait bien, elle qui n’était pas mère comme l’était Herana.
- Si vous changer un jour d’avis, avait dit la cimmérienne, il ne vous sera pas trop dur de retrouver la trace des Loups. Vous serez toujours les bienvenus dans notre Meute.
- Oui, avait renchéri Isil, et si vous avez besoin d’aide, aussi !

Puis ce fut le moment des adieux. Isil et Herana obliquèrent vers le nord et ses forêts tandis que Dulci et Behomar continuaient vers l’est.
- Les reverrons-nous un jour ? avait demandé Isil à sa compagne.
- Qui sait ce que la vie nous réserve… Hyboria est parfois si petite !

Et là-dessus, Herana avait talonné sa monture qui s’élança au petit trot.
- Allons, j’ai hâte de découvrir ton Pays des Merveilles jeune fille ! Ne traînons pas, si nous voulons être au rendez-vous de Kadraan sur les Terres sauvages en temps voulu. Notre mésaventure nous a quelque peu retardées. Désormais, nous serons plus prudentes !
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[BG] ISIL & HERANA : Retour vers le passé (1ère partie)

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