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 [BG + Fiche] Kalendra

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Kalendra

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MessageSujet: [BG + Fiche] Kalendra   Sam 16 Jan 2010 - 17:34

Fiche du personnage :


Nom du personnage: kalendra
race: Cimmérienne / Vannir
classe: Conquérante
date de naissance: 1264

date de rencontre des loups: (A Venir)
lieu de rencontre: Vallée de Conall
circonstances de la rencontre : kalendra a "braqué" les loups, pensant qu'ils étaient une patrouille de vannir ou des marchands peu scrupuleux. Par la suite, elle a été invitée a se rendre au Poitain.

caractère du personage:
Kalendra est une femme d'environ 35 ans. Au premier abord, elle a l'air assez taciturne et froide. La vie semble ne pas l'avoir épargnée et très tôt, elle a du apprendre à se débrouiller seule, comme en atteste son visage anguleu et les nombreuses cicatrices qu'elle porte. Sans être maigre, son corps est sec et ses muscles noueux. D'un naturel combattif, elle ne se laisse jamais abattre et à l'habitude de toujours aller de l'avant. Même si elle se montre souvent désagréable avec des inconnus, ceux qui la fréquentent sont tous d'accord pour dire qu'elle est d'une grande générosité.

philosophie du personnage:
Kalendra n'a jamais défendue de grandes causes. Elle n'aime pas particulièrement prendre parti et préfère rester neutre, c'est le résultat d'une vie solitaire. Si personne ne s'occupe de ses affaires, elle ne vois pas pourquoi elle s'occuperai des affaires des autres. C'est du moins ce qu'elle éssaie de faire croire aux gens.

Dans les faits, kalendra s'est montrée altruiste et généreuse à de nombreuses reprises, faisant passer les autres avant elle. Sa vie n'ayant jamais été facile, elle tente de préserver les autres du chagrin et de la détresse. Sa fierté lui interdit de s'en vanter et elle préfère montrer une image de guerrière froide et sans pitié plutôt que d'avouer ses propres faiblesses.

Elle n'a pas vraiment de but. Ses expériences passées l'ont poussée à croire qu'il ne fallait jamais penser au futur mais toujours vivre au jour le jour.

dates importantes pour le personnage :

1264 : Naissance dans un petit clan de cimmérie.
1279 : Quitte son clan pour son initiation et être acceptée comme guerrière
1280 : Arrive en Vendhya ou elle rencontre Corch et est emprisonnée par une secte
1281 : Parviens a s'échapper et deviens membre du clan d'Afghulis
1284 : Quitte la Vendhya avec Corch et se dirige vers l'Aquilonia puis vers Velitrium, sur les rives de la rivière noire. Aquiert une parcelle de terre et vie comme un colon
1285 : Les pictes du clan de la baleine et du clan du loups éffectuent des raids sur la région, ravageant tout sur leur passage. Disparition de kalendra.
1288 : Réapparait métamorphosée dans le Gunderland ou elle s'engage dans l'armée Aquilonienne.
1291 : Progresse rapidement dans la hierarchie jusqu'a commander un navire chargé de nettoyer les mers autour des iles des Barachas.
1293 : Apres deux ans de combats, son navire disparait en mer.
1294 : Est réduite en esclavage jusqu'au naufrage de la galère au large de l'ile de Tortage.
1295 : Apres son évasion, rejoins une compagnie franche sous les ordres du roi Conan : les lions d'hyboria.
1296 : Apres la destruction de leur ville par les pictes, Cor Leonis, disparait pendant 6 mois.
1297 : De retour pour éssayer de reconstruire les Lions. apres plusieurs mois, la compagnie se sépare définitivement. Voyage vers le nord en compagnie de kassy et mahé.

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Sommaire background :

I. Le départ
II. Errances
III. La traversée
IV. Jour de fête
V. Le monolith
VI. Emprisonnement
VII. Les Afghulis.
VIII. Amis ou Ennemis ?
IX. Kalim


Dernière édition par Kalendra le Mer 27 Jan 2010 - 14:55, édité 3 fois
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MessageSujet: Re: [BG + Fiche] Kalendra   Sam 16 Jan 2010 - 17:34

I. Le départ


Le soleil se levait à peine derrière les hauts pics Cimmérien. La nuit avait été glacée, comme la plupart du temps, mais ce matin la, une épaisse brume se répandait sur toute la vallée. Le village de Conarch s’éveillait à peine et les bruits du quotidien commençaient à animer le village.

Mais déjà, un petit groupe se rassemblait à la sortie du village. Des adultes entouraient une jeune fille, lui fournissant des vivres et divers objets. L’inquiétude se lisait sur leur visage mais elle était teintée d’une certaine fierté. La jeune fille se nommait kalendra. Comme tous les futurs guerriers de son clan, l’heure de son initiation avait sonnée.

Comme tous les futurs guerriers de son clan, elle devait partir une année entière pour apprendre et s’instruire sur les arts militaires dans les autres contrées. Au terme de ce voyage, son clan l’accueillerait à part entière. Soit elle reviendrait couverte de gloire, soit elle ne reviendrait pas du tout, telle était la loi.

Il était difficile de déterminer l’âge de la jeune fille, probablement entre 13 et 16 ans. Ses cheveux roux, particulièrement atypique au sein de cette peuplade, témoignais d’une lignée dont elle n’était pas fière. Du sang de Vannir coulait dans ses veines, ce qui avait toujours été source d’une grande gêne dans sa famille. Maintenant qu’elle pouvait montrer de quoi elle était capable, ses yeux bleus bombardier reflétaient une motivation sans faille. Pour son âge, elle était déjà plutôt grande et bien bâtie, résultat de nombreuses années d’entrainement et d’expéditions avec les guerriers du clan.

Le moment du départ était venu. Il n’y eu aucune effusion de tristesse ni de pleures. Les parents de la jeune fille tournèrent simplement les talons, sans rien ajouter. Toute parole aurait été superflue. Kalendra savait ce qu’elle avait à faire et ce qui l’attendait. Elle prit ainsi la route, tournant le dos à son peuple, sans savoir si elle pourrait revenir un jour.
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MessageSujet: Re: [BG + Fiche] Kalendra   Sam 16 Jan 2010 - 17:36

II. Errances


Le premier mois fut le plus difficile. Dés le départ, elle avait décidée qu’elle se rendrait vers l’Aquilonie et sa capitale Tarentia. A partir de la, elle continuerait vers l’est. Ses parents lui avaient fourni une petite carte peu précise mais fort utile. On y distinguait seulement les routes de commerce et les grandes villes. Cela suffirait.

Sa destination finale serait l’Iranistan. Bien que lointain, ce pays était réputé pour être le berceau des plus grands stratèges de guerre, héritage de décennies de guerre. Un peu plus au nord, on trouvait les tribus de kozakis, sauvages cavaliers dont la réputation n’était plus à faire. Elle était décidée à en voir le plus possible, même si son périple devait durer plus d’une année. Kalendra avait toujours été du genre à en faire plus que ce qui lui était demandé, surement à cause de sa honte envers ses origines. Elle cherchait toujours de nouveaux défis, comme pour se prouver à elle-même qu’elle était digne d’être Cimmérienne.

Ses provisions lui permirent de vivre pendant quelques semaines sans problèmes. Lorsque qu’elle ne trouvait pas de marchands pour l’emmener au fond de leur charrette, elle marchait, infatigable. Au bout d’un mois, elle était épuisée et ses pieds commençaient à sérieusement saigner. Qu’importe, elle continuait sans s’arrêter, fixant l’horizon avec un air déterminé.

En empruntant les grandes artères de circulation, elle parvenait à rester hors des zones de pillages ou les Némédiens ne laissaient aucune chance aux voyageurs solitaires. Il lui fallu près de deux mois au final pour rallier Tarentia la vieille. A son arrivée, elle n’avait plus de provisions et ressemblait à une mendiante, le village encrassé par la poussière.


La suite de son initiation ne pourrai se faire si elle ne trouvait pas de nouvelles provisions ainsi que des habits en bon état. A cause de son apparence, aucun marchand n’avait voulu la conduire depuis près de deux semaines, ce qui avait commencé à entamer son courage.

Elle se proposa dans tous les établissements qu’elle trouvait mais personne ne voulait d’une jeune fille sale et qui plus est à fort mauvais caractère… Elle avait sa fierté et n’était pas prête à faire n’importe quoi. Cela ralentit fortement ses recherches. Au départ, kalendra avait décidée d’éviter les tavernes et les maisons de passe, ne voulant pas s’abaisser à travailler dans ce genre d’établissements.

Mais au bout de deux semaines en ne mangeant rien d’autres que des restes et des rats, elle revu à la baisse ses standards, se présentant dans toutes les auberges qu’elle trouvait. Finalement, une femme compatissante l’embaucha dans sa maison close. Son travail consistait à répondre aux besoins et envies des courtisanes les plus en vue. Bien que fort dégradant, les courtisanes n’avaient de respect pour rien à part leur petite personne, elle pu vite remplir sa besace et s’acheter de nouveaux habits. Cette période dura environ un mois, au terme duquel elle s’en alla sans rien dire, reprenant sa route vers le sud.

Jamais elle n’avait été aussi motivée et elle redoubla d’efforts pour arriver à destination. Les marchands, bien que de plus en plus rares au fur et à mesure qu’elle faisait route vers Zingara acceptaient à nouveau de la conduire. Une jeune prêtresse du temple de Mitra avait soigné ses pieds à Tarentia mais elle préférait tout de même économiser ses forces, devinant que les difficultés commençaient à peine.

La route jusqu'à la frontière fut sans encombre. A mesure qu’elle se rapprochait du but, de vastes jungles firent leurs apparitions, de plus en plus touffues et oppressantes. Régulièrement, kalendra vérifiait qu’elle avait encore son petit glaive, ayant la sensation qu’elle aurait à s’en servir plus vite qu’elle ne l’aurait espéré. Son but était d’embarquer à bord d’un navire faisant commerce du coton pour longer les côtes des royaumes noirs et rejoindre l’iIanistan. L’atole des Barachas regorgeait de marchands en tout genre, il ne lui serait pas difficile de trouver une place avec les quelques économies qui lui restaient.

Finalement, elle rejoignit la côte sans problèmes majeures, profitant d’une vaste caravane de marchand escortés par des soldats pour voyager sans dangers. En quelques jours, elle parvint à s’engager en tant que matelot sur un petit galion qui se dirigeait vers Vendhya, à l’est de sa déstination. Ce n’était pas l’Iranistan, mais cela la rapprocherait grandement de son but.

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MessageSujet: Re: [BG + Fiche] Kalendra   Sam 16 Jan 2010 - 17:36

III. La traversée


Le navire devait naviguer pendant près de deux mois. Une seule pause était prévue dans l’atole des iles du Sud pour faire le ravitaillement et détendre les hommes. La vie à bord était dure et stressante. En tant que matelot, Kalendra devait, la majeure partie du temps, faire les corvées de nettoyage ou la préparation de la nourriture. La notion même de confort semblait avoir disparu sur l’embarcation tellement les coursives étaient étriquées. La vingtaine de marins étaient tous aguerris et ressemblaient à de vieux loups de mer qui en avaient trop vu. Leur visage était buriné sous l’effet du sel et leur mine renfrognée.

Agée seulement de 16 ans, la jeune fille fut plutôt impressionnée par l’équipage dans les premiers temps. Il n’était pas rare qu’elle surprenne un rufian la regarder avec une lueur malsaine dans le regard. Malgré ça, la Cimmérienne semblait grandement apprécier le voyage, en apprenant plus sur le monde auprès des marins que durant toute sa vie passée.

La première partie du voyage se passa sans accrocs. Le moral de l’équipage était bon et les vivres en abondance. Depuis les côtes de Kush, aucun navire n’avait été aperçu, ce qui rassurait le capitaine. A certaines périodes de l’année, on ne comptait plus le nombre de raid de pirates sur les navires commerciaux.

Arriver au terme de la première partie de la route, le navire devait passer une nuit à quai le temps de remplir les cales. Une partie de l’équipage fut donc libérée pendant que l’autre travaillait d’arrache pied. Sélectionner les heureux élus ne fut pas chose facile et de nombreuses bagarres éclatèrent ici et la.


Les marins descendus à terre ne se firent pas prier pour se faire plaisir. Les villes côtières de la région étaient quasiment uniquement peuplées de marchands en transite. Le pays civilisé le plus proche était l’Iranistan. Le reste des côtes appartenaient aux royaumes noirs et il n’était pas recommander d’y accoster. Kalendra décida de ne pas descendre, jugeant qu’une nuit dans une taverne peuplée d’ivrognes assez mal en point pour confondre une prostituée avec leur mère n’était pas vraiment un choix judicieux.

Vers 8h du matin, le navire largua les amarres pour filer vers Vendhya. Kalendra avait bien essayé de convaincre le capitaine de faire un arrêt en Iranistan, le bougre s’était montré intraitable, arguant que les côtes n’étaient pas sures. De toute façon, n’ayant plus le choix, Kalendra serait obligée de trouver un moyen de transport une fois sur place.

Après quelques jours, plusieurs marins tombèrent subitement malades, se plaignant de violent maux de tête et de crampes à l’estomac. Le premier décès fut constaté seulement deux jours après. Au fur et à mesure du temps, de plus en plus de marins tombèrent malade puis succombèrent. Les corps des morts étaient immédiatement jetés par-dessus bord pour limiter l’infection. Une dizaine de jours plus part, plus de la moitié de l’équipage était soit malade, soit mort. La progression du navire fut grandement ralentie à cause du manque de main d’œuvre. Lorsque le capitaine fut atteint des premiers symptômes, une révolte éclata parmi les rescapés. Chacun savait que le poste de capitaine serait bientôt libre et une véritable guerre de succession éclata.

Pendant tout le temps de la maladie, Kalendra vécue recluse dans la cale, évitant le plus possible d’entrer en contact avec les contaminés. Les quelques vivres qui lui restaient suffirent à la nourrir pendant près de 8 jours. Elle avait déjà vu ce genre de tragédie. Des villages entier rasés en quelques semaines, parfois quelques jours. La seule chose à faire pour espérer s’en sortir, c’était de rester à l’écart de tout.

Même lorsque les premiers combats éclatèrent pour savoir qui deviendrait capitaine, la jeune fille resta cachée, bloquant la trappe de la cale comme elle pouvait. Le bruit du métal s’entrechoquant résonna pendant une vingtaine de minutes puis fut remplacer par des hourras et le bruit des bottes tambourinant le bois en rythme. Pas moins de 8 marins avaient péris pendant l’insurrection, répandant leur sang sur le pont. Leurs cadavres furent eux aussi jetés à la mer sans autre forme de cérémonie.


Le reste de la traversée fut épouvantable. A cause du retard qu’avait provoqué l’épidémie, une grande partie des vivres avaient pourris. Mais la faim n’était pas le principal problème. Trois des quatre barils d’eau potables avaient vu leur contenu croupir. En étant optimiste, il devait rester environ quinze jours de mer.

Même en économisant au maximum la maigre réserve, le baril fut vidé en dix jours. Déjà, à ce stade, les marins semblaient sans force ni courage, commençant à errer sur le pont pour effectuer des corvées toujours plus pesantes. Les cinq jours restants furent pires que tout. Il n’y a pas pire mort que celle-ci. Votre corps se dessèche peu à peu, vous privant de votre liberté de mouvement. La peau du visage et les lèvres sa craquèlent peu à peu sous l’effet du manque d’eau couplé à la corrosion du sel de mer.

Au bout du quatrième jour, Kalendra s’évanoui complètement, à mi chemin entre la vie et la mort. Sans savoir comment, elle se réveilla sur la berge, à une dizaine de mètres du navire échoué. A travers ses yeux à moitié fermés, elle distinguait vaguement un petit bosquet d’arbres étranges aux troncs épais ornés d’un parapluie de longues feuilles. Mais ce qui attira d’avantage encore son regard fut la vaste étendue qui s’étendait aux pieds des arbres.

Rassemblant ses dernières forces, la Cimmérienne se traina jusqu’au liquide salvateur. Les premières gorgées furent pareil à de l’acide, lui brulant la trachée. Mais rapidement, le breuvage lui fit un effet totalement inattendu, lui redonnant une grande partie de ses forces. Elle ne savait pas de quel miracle il s’agissait la, mais Kalendra prit une seconde pour remercier Crom qui n’avait pas encore daigné la rappeler auprès de ses ancêtres.

Après avoir bu à foison, elle retourna vers le navire échoué, légèrement couché sur le coté. Elle n’arrivait pas à comprendre comment elle s’était retrouvée sur la berge mais qu’importe, elle avait autre chose de plus urgent à faire. Comme elle s’y attendait, il n’y avait plus aucun survivant sur la funeste embarcation. Kalendra ne pu faire face aux cadavres gisant ça et la le long du pont et se contenta d’attraper sa besace et son glaive avant de repartir.

Après un bref tour d’horizon pour déterminer sa position, elle put estimer qu’elle était en vendhya. Vu l’itinéraire que suivait le navire, elle pensait qu’elle était sur la cote ouest, ce qui lui laissait tout de même une longue route vers l’Iranistan. Au loin, elle percevait ce qui ressemblait à des murs d'enceinte. Autant commencer par la. Kalendra se mit en route d'un pas décidé.

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MessageSujet: Re: [BG + Fiche] Kalendra   Sam 16 Jan 2010 - 17:37

IV. Jour de fête


La perception de la distance sur cette étendue aride était traitresse. La ville qui lui paraissait à quelques kilomètres seulement se révéla en réalité bien plus éloignée. Il fallut à la jeune fille près de 6 heures de marche pour enfin discerner les premières silhouettes aux portes des hautes murailles.

Plus elle se rapprochait, plus elle entendait des clameurs s’élevées de la ville. De longues colonnes de marchands se dessinaient à l’entrée en une vaste procession de charrettes et de mulets. Les vendeurs à la volée hurlaient pour attirer les chalands et de nombreuses attractions siégeaient à différents endroits de la cité : jongleurs, magicien, dresseurs. Un sentiment de joie flottait tout autour de la ville.

La jeune Cimmérienne ne s’attendait pas du tout à ce genre d’accueil. Les seules histoires qu’elle avait entendues à propos de cette partie du monde étaient des récits barbares peuplés d’être sanguinaires et à peine humains. La vérité semblait bien éloignée de ce qu’elle croyait savoir.

Kalendra s’approcha des portes avec prudence. Tous ses sens étaient en alerte, surveillant les gardes discrètement. La jeun fille ne portait qu’un ensemble en coton déchiré et passé, ce qui détonait par rapport aux tenues des habitants, colorées et bariolées. Sa chance tenait au fait que c’était jour de fête dans la petite cité, les gardes la laissèrent donc passer, la prenant pour une mendiante. En plus de sa tenue déchirée, elle n’avait plus un sous en poche. Sa seule possession était son glaive qu’elle gardait entouré d’un drap de tissu. Il lui était impossible de s’en séparer. On lui avait toujours appris que son arme était une partie d’elle-même.

Les deux derniers mois avaient beaucoup changés la jeune femme. A son départ, elle n’était encore qu’une petite fille trop impétueuse pour s’en sortir seule mais le peu d’épreuves qu’elle avait traversée depuis l’avait étonnamment fait murir. Elle se sentait maintenant plus hardie, comme si tout était à sa portée.

La fête allait bon train entre les murs. Partout, des marchands dressaient leurs étalages et des troubadours se promenaient dans les rues en faisant les pitres. La place centrale était, elle, réservées aux plus grandes attractions. Sur la gauche un barde contait les ballades de preux chevaliers tandis qu’un homme faisait sauter des tigres dans des cerceaux de feu sur la droite.

Toutes les rues étaient bondées. Des cohortes de personnes piétinaient devant les étals plein de produits à l’odeur envoutante. Des effluves de parfums exotiques se rependaient entre les maisons. Kalendra repéra bien vite les étals recouverts de nourriture. Avec discrétion, la jeune fille se faufila vers le plus proche et prit plusieurs fruits pendant que le marchand était occupé ailleurs. Avec dextérité, elle les glissa sous sa robe et reprit sa route. Puisqu’elle n’avait plus d’argent, elle se servirait. Le voyage en mer lui avait prit déjà beaucoup trop de temps donc reprendre un travail était impossible. C’est sans aucun remords qu’elle répéta l’opération à plusieurs reprises jusqu'à avoir de quoi manger pendant plusieurs jours.

Elle n’avait pas l’intention de rester longtemps dans cette ville. A vrai dire, être entourée par autant de personne la mettait mal à l’aise. Une fois les provisions faites, il ne lui restait plus qu’a demander sa position. Elle avait réussi à garder la petite carte qui lui avait été donnée avant son départ, il ne lui serait donc pas difficile d’établir un itinéraire assez précis vers l’Iranistan. Elle se dirigea donc vers le premier garde qu’elle vit.

La jeune fille avait vraiment l’air pathétique avec ses cheveux raidit par le sel et ses habits dépenaillés. Le garde baissa les yeux vers elle avec une lueur de pitié teintée de mépris.

- Excusez-moi, mais pouvez-vous me dire ou nous trouvons s’il vous plait ? Elle essaya d’adopter le ton le plus poli possible.
- Nous somme à Aniada, au nord de la cote de sabre. Dit-il en crachant sur le sol. Le simple fait de parler à Kalendra ne lui inspirait que dégout.

Après un bref merci, la Cimmérienne sortit de la ville sans trainer. Elle reprit la route vers le nord, estimant sa position d’après ce qu’avait dit le garde. La suite du voyage passait par une petite chaine de montagnes. A vu de nez, il lui faudrait une quinzaine de jours en marchant à bonne allure pour arriver à la frontière de Kosala, dernière étape avant l’Iranistan.

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MessageSujet: Re: [BG + Fiche] Kalendra   Sam 16 Jan 2010 - 17:37

V. Le monolith


Kalendra marcha ainsi vers le nord en longeant la côte pendant environ dix jours. Aniada était en fait la dernière ville qu’elle avait vue. Depuis quelques temps, sa progression était ralentie par le relief de plus en plus escarpé. Elle arrivait enfin au pied de la chaine montagneuse qu’elle avait aperçu.

Le vent sifflait à travers les cimes, produisant des sons qui ressemblaient plus à de longues plaintes qu’a un quelconque phénomène naturel. Un profond sentiment de malaise enveloppa la jeune femme à mesure qu’elle gravissait la pente. L’atmosphère devenait de plus en plus lourde et la météo elle-même semblait se modifier pour se faire plus pesante.

Au bout de quelques heures d’effort, la cimmérienne aperçu au loin un étrange bâtiment perché en haut d’une falaise. La couleur de l’édifice se fondait parfaitement avec la roche, masquant sa présence à la plupart des personnes. Mais pas à Kalendra. Au moment ou ses yeux se posèrent sur l’étrange bâtiment, une peur panique s’empara d’elle et la poussa à se cacher.

Le bâtiment, qui était en fait une gigantesque porte, devait faire une vingtaine de mètre de haut. La jeune femme prit quelques instants pour se calmer puis entreprit de monter vers la porte, tout en restant à couvert. Dans tous les cas, elle n’avait plus le temps de faire demi-tour, passer devant le bâtiment était inévitable, alors autant y aller franchement.

Un petit escalier en pierres taillées montait pour s’enfoncer dans le flanc de la montagne. Il n’y avait personne en vue et la jeune femme n’avait rien entendu non plus. Elle avait mit près d’une heure à faire les dix derniers mètres, avançant avec une extrême prudence. Les colonnes entourant l’entrée étaient couvertes d’étranges symboles que Kalendra n’avait jamais vus. un énorme monolith de pierre blanche trônait a une dizaine de mètres de l'entrée. Lui aussi était couvert de symboles inconnus mais, contrairement à la porte, n'avait pas subit l'usure du temps. On aurait dit qu'il avait été planté la deux jours avant. Le sentiment de malaise était plus fort que jamais alors qu’elle faisait face à l’étrange porte, ce qui la poussa à continuer sa route sans s’attarder.


A mesure qu’elle s’éloignait de l’entrée pour chercher une voie praticable, elle sentit que ses membres devenaient de plus en plus lourds. Le ciel se couvrait et l’air commença à lui manquer, comme si quelque chose d’énorme lui pressait la poitrine. Après quelques instants, c’est son corps tout entier qui ne répondait plus. Tout ce qu’elle parvint à faire est de tourner la tête vers l’entrée d’où sortait une épaisse brume rosâtre.

De cette brume sortirent cinq hommes tout de noir vêtus, un capuchon couvrant la moitié de leur visage. Le peu qu’on pouvait voir donnait la chaire de poule. Leurs mentons étaient distordus en un rictus sadique. Leur mâchoire même était violacée et dépourvue de dents. Il était à peine croyable que ces êtes furent un jour des humains. Ils se déplacèrent lentement vers la jeune femme, sans se presser, comme s’ils savaient déjà que leur proie ne pourrait pas s’enfuir.

Une peur primale s’empara de Kalendra, qui essaya de se détacher de l’emprise avec la fureur d’un animal pris au piège. Mais aucun de ses efforts ne furent récompensés. Les vieillards n’étaient plus qu’a quelques mètres quand l’un deux se pencha vers Kalendra en remontant sa capuche. Son visage était décharné et ses yeux avaient disparus de leurs orbites, creusant deux trous béants. Son crane ridé était parsemé de taches noirâtres et de touffes de cheveux. Une terreur si profonde s’empara de Kalendra qu’elle s’évanouit immédiatement.

Lorsqu’elle se réveilla, son premier réflexe fut de chercher son arme. Il faisait noir et elle ne discernait rien de ce qui l’entourait. La panique la submergea et des sanglots lui arrachèrent quelques gémissements. Elle gesticulait frénétiquement dans le noir jusqu'à ce qu’elle tombe de sa couchette, heurtant le sol de pierre. Apres quelques instants à rester allongée, ses yeux s’habituèrent à la lumière et elle pu se repérer un peu mieux. A quelques mètres d’elle, de lourds barreaux lui interdisaient le passage. Elle était emprisonnée. A nouveau, elle paniqua, recroquevillée dans un coin de la cellule.

Plusieurs jours passèrent ainsi. A chaque fois qu’elle se réveillait, une assiette de nourriture était posée à l’entrée de sa cage. Elle essaya bien de ne pas dormir mais à chaque fois, au bout d’un moment, elle sombrait d’un seul coup sans qu’aucun signe de fatigue ne se manifeste. Elle n’avait plus aucun repère temporel. Ni le soleil, ni la lune ne lui indiquaient si c’était le matin, le midi ou le soir. Au bout d’un moment, son esprit s’embruma complètement. Elle dormait le plus souvent possible pour ne pas avoir à faire face à la dure réalité. Les rares moments ou elle était réveillée, elle les passait en restant assise à fixer le mur. Doucement mais surement, la folie s’insinuait dans son esprit. Ce n’était pas tant le fait d’être enfermée mais de ne pas savoir pourquoi qui la rongeait.

Un matin pourtant, elle se réveilla en constatant la présence de l’être décharné derrière la grille. Son sang Cimmérien ne fit qu’un tour et elle se jeta sur la grille en tendant les mains, un masque de fureur sur son visage. La chose sourit en reculant d’un pas. Il leva la main droite et Kalendra fut de nouveau dans l’incapacité de bouger. Il la força à s’asseoir sur le lit. La haine se lisait dans les yeux de la jeune femme bien qu’elle ne puisse pas l’exprimer. Après quelques instants, elle se rendit compte qu’elle pouvait toujours parler, contrairement à la dernière fois. Non sans mal, elle s’adressa au sombre geôlier.

- Qui êtes vous et qu’est ce que vous me voulez ?

Sans qu’elle s’en rende vraiment compte, elle reçu une réponse directement dans sa tête, sans qu’aucun son ne sorte de la bouche de l’homme.

- Qui nous sommes n’a pas d’importance. Tout ce que tu dois savoir, c’est que tu nous appartiens à présent. Tu es encore trop jeune, mais tu grandiras ici jusqu'à ce que nous décidions que ça suffise.

Il ouvrit ensuite la grille et fit signe à la jeune femme de le suivre. Elle obtempéra sans pouvoir rien faire, comme si quelqu’un d’autre était aux commandes de son corps. L’immonde sourire était toujours fixé sur le faciès de l’homme, semblant se moquer du sort de Kalendra. Ils traversèrent des dizaines de mètres de couloir sombres et humides sans jamais croiser âme qui vive. Le silence qui régnait dans ces ruines n’était pas naturel, comme si les sons étaient absorbés par les murs massifs.


Au bout d’un moment, il força Kalendra à entrer dans une petite pièce. La lumière du soleil entrait faiblement par une meurtrière. Il y avait juste un petit lit dans un coin et un sceau vide renversé au milieu de la pièce. L’homme ferma la porte derrière elle et son emprise mentale cessa enfin, faisant tomber la jeune femme à terre, à bout de souffle. Elle savait que l’homme était parti.

Pendant plusieurs mois elle fut enfermée, sans aucune autre occupation que de graver le compte des jours sur un mur. Chaque jour, à chaque moment, elle se promettait d’égorger l’homme qui l’avait enfermée ici…
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MessageSujet: Re: [BG + Fiche] Kalendra   Sam 16 Jan 2010 - 17:38

VI. Emprisonnement


Les mois se suivaient et se ressemblaient. Kalendra avait compris qu’il ne lui servirait à rien de se morfondre sur son sort. De toute façon elle ne pouvait rien faire à part éviter de devenir folle et attendre sa chance. Elle était persuadée que l’homme finirait par revenir la voir et à ce moment la, elle serait prête. Son quotidien était fait d’exercices et de repos. En huit mois, sa physionomie avait radicalement changée. Loin de la frêle jeune fille qu’elle était en partant de Tarentia, elle était devenue grande et musclée. Son visage était plus anguleux et son regard aussi froid que l’acier.

Elle n’avait pas eu le loisir de se laver depuis des mois et une épaisse couche de crasse recouvrait sa peau. Ses cheveux ressemblaient à une botte de foin. On aurait facilement pu la prendre pour une sauvage tellement elle faisait pitié à voir.

A mesure que le temps passait, elle réussi à creuser une petite fente entre la lourde porte de bois et le mur en granit. Le couloir était plongé dans la pénombre et tout ce qu’elle pouvait discerner étaient les portes des autres « cellules ». Comme d’habitude, il n’y avait aucun bruit.

Quelques jours plus tard, Kalendra se réveilla en sursaut, persuadée d’avoir entendu des voix dans le couloir. Elle bondit de sa couche et se précipita vers la porte, collant son œil contre la fine ouverture. Comme elle le pensait, l’homme en noir avançait dans le couloir avec la démarche nonchalante qui le caractérisait. Ce qui surpris le plus la jeune femme était qu’il poussait un jeune homme. Visiblement, il n’avait pas utilisé la même science contre le garçon que contre elle. Il se débattait tout en avançant, semblant seulement en partie capable de se mouvoir comme bon lui semble. Il vociférait et lançait des regards noirs tout en essayant d’attraper son agresseur à la gorge. Finalement, il fut enfermer dans la pièce d’à coté et le démon repartit.

Kalendra restait cachée, se méfiant autant du nouveau venu que du personnage qui était reparti. Qui sait, c’était peut être un piège destiné à la torturer un peu plus. Elle resta donc plantée derrière la porte sans faire le moindre bruit pendant des heures. Au début, le jeune homme faisait un véritable raffut, balançant le sceau contre le mur et essayant d’enfoncer la porte. Mais il finit par se calmer et plus rien ne fut audible avant un bon moment.

Elle décida de se recoucher. Au moment ou elle allait s’allonger, une petite voix résonna derrière la porte.

- Y’a quelqu’un ? Il marqua une petite pose puis reprit. Je sais que vous êtes la.

Kalendra hésita pendant quelques instants, se dirigea vers la porte, et murmura.

- Qui es-tu ? dit-elle avec un ton méfiant.
- Je m’appelle Corch, et toi ? Malgré les circonstances, sa voix était presque joviale.
- Kalendra...
- T’es-la depuis longtemps ?
- J’ai compté 8 mois pour le moment à peu près. Ils t’ont capturé comment ?
- Je rejoignais mon village, dans le nord. L’ancien m’avait pourtant dit de ne jamais passer par ces montagnes. Quel idiot !
- Dit moi, comment tu fais pour résister à leur pouvoir ? je te voyais te débattre.
- Ca fait des dizaines d’années que ce culte sévit dans les montagnes. On ne sait pas trop ce qu’ils vénèrent mais ils ont des pouvoirs bizarres, rien qu’en le pensant, ils peuvent te faire bouger. Depuis le temps, ma tribu s’est entrainée à leur résister. Ca ne marche pas très bien mais c’est toujours mieux que rien.

Il gesticulait tout en parlant. Apres des mois de solitude, Kalendra n’avait plus l’habitude d’avoir de la compagnie. A vue de nez, il devait avoir environ 20 ans et était déjà bien bâti. Une épaisse barbe recouvrait la partie inferieure de son visage et de nombreuses cicatrices sur ses bras témoignaient d’une vie agitée.

- De quelle tribu fait tu parti ? Demanda-t-elle avec curiosité. Elle n’avait encore jamais entendu parler de tels pouvoirs et pour être honnête, le jeune homme l’intriguait énormément.
- Je suis un Afghuli du clan Kinnar ! en disant ça, il se frappa la poitrine fièrement.

Kalendra avait déjà entendu parler de ces tribus lors des veillées au coin du feu. Ce sont des hommes des collines. Malgré le peu d’équipement qu’ils possèdent, ce sont de valeureux adversaires, se battant avec la rage et la hargne caractéristique de ces gens la. Si même eux ne pouvait se battre contre les « moines », il restait peu de chance à Kalendra et à son compagnon d’infortune.

Au fil du temps, ils apprirent à se connaître de plus en plus et une véritable amitié naquit entre eux. Chacun savait que leur avenir n’était pas brillant mais ils se remontaient le moral mutuellement. Ils se racontaient des histoires peuplées de combats, de gloire et de sang, ventant les mérites de leurs clans respectif. Corch n’avait quasiment jamais entendu parler de la Cimmérie et les deux jeunes personnes se trouvèrent nombre de points communs.

La nuit, l’Afghuli apprenait à Kalendra comment résister aux pouvoirs psychiques des moines. Petit à petit, elle se trouva des forces qu’elle ne soupçonnait pas. Elle dépassa vite Corch en maitrise. Il n’était pas si difficile d’ériger une barrière mentale quand on savait comment faire.

Quelques semaines plus tard, lorsque Kalendra se réveillé, Corch n’était plus la. La porte de sa cellule était entrouverte. Elle pensa tout de suite qu’ils l’avaient emmené dans la nuit. En y réfléchissant, il n’était pas non plus impossible qu’il ait réussi à ouvrir la porte et s’enfuir. Apres tout, il ne cessait de vanter la dextérité de son peuple.


Elle n’eu pas le temps de se questionner bien longtemps. A peine quelques minutes après son réveil, l’homme en noir apparu au fond du couloir, glissant vers elle avec son éternel rictus. Elle avait attendu cet instant pendant des mois. Tout était déjà planifier dans sa tête. Le moine se plaça derrière la porte et entreprit de prendre le contrôle de ses mouvements. Elle se laissa faire et la porte s’ouvrit, comme elle l’avait planifié. La sensation de l’être s’insinuant dans son esprit était toujours désagréable mais elle savait à présent qu’elle était en mesure de le repousser à n’importe quel moment.

Elle marcha mécaniquement jusqu'à l’extérieur de la pièce et commença à suivre l’homme maigrelet dans le couloir. Arrivés en faut d’un petit escalier abrupt, elle reprit le contrôle de son corps d’un coup, appliquant les techniques que Corch lui avait enseigné. Cela fonctionna plus qu’elle ne l’aurait imaginé. Surpris, le moine se retourna vers elle avec un air béat.

Son sourire hideux disparu au moment ou Kalendra le poussa violemment dans les escaliers.
Il dégringola dans les escaliers, ses membres prenants des angles indécents. Même dans son agonie, aucun son ne sortait de sa bouche. La jeune femme, qui ressemblait plus maintenant à une furie, se précipita vers lui en hurlant. Elle l’asséna de coups de poings et de pieds. Penchée au dessus de lui, elle frappa son visage encore et encore jusqu’au ce que ses poings ne s’enfoncent plus que dans un amas de chair mouillée.

A nouveau, elle hurla. Mais ce n’était plus un cri de détresse ou de colère, juste l’expression de sa joie et de victoire. Toute trace de la petite fille avait disparu. Il ne restait plus que Kalendra la Cimmérienne. Kalendra la guerrière.

Sans perdre de temps, elle s’empara du petit poignard qui pendait à la ceinture du moine et finit de descendre les escaliers. Il fallait qu’elle se sauve avant que le reste des moines ne s’aperçoivent de quoique ce soit.

Elle arriva dans une grande pièce au centre de laquelle trônait un autel ardent. De chaque cotés, de nombreux ossements humains étaient empilés à la va vite. Kalendra n’osait imaginer à quels rites païens et démoniaques les moines se livraient ici. Ce dont elle était sure, c’est qu’il était temps de partir, avant qu’ils n’aient la chance de mettre en œuvre ce qu’ils avaient prévu pour elle.


Elle se rapprocha de l’autel, voulant le contourner pour poursuivre sa route. Sans un bruit, elle se rendit compte que les quatre derniers moines sortaient de l’ombre, à l’autre bout de la pièce. Kalendra attrapa le poignard et dans son geste pour le sortir de sa ceinture, frôla le cristal reposant sur l’autel, produisant un son strident et horrible. Les moines se contorsionnèrent de douleur en se tenant la tête. Une unique plainte sortait de leurs bouches.

Comprenant aussitôt, la jeune guerrière leva le poignard et l’abattit de toutes ses forces sur le cristal, le faisant exploser en une pluie miroitante. Les moines tombèrent à genou, hurlants de plus belle. Ils semblaient se ratatiner et s’aplatir au sol. Leur chaire elle-même pourrissait à vue d’œil. En quelques secondes, ils ne restaient plus que quatre squelettes sur le sol de pierre.

La jeune femme ne chercha pas à comprendre ce qui se passait. Tout ce qui comptait, c’était que la voie était libre. Elle repartit en courant, enjambant les restes des moines. La sortie était toute proche. Kalendra voyait l’embrasure de la grande porte. Elle redoubla d’effort et lorsqu’elle sortit à la lumière, elle tomba à genoux, pleurant de joie. Toutes ses frustrations et sa détresse se libérèrent aussitôt, la plongeant dans un maelstrom d’émotions.

La liberté, enfin.
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MessageSujet: Re: [BG + Fiche] Kalendra   Sam 16 Jan 2010 - 17:38

VII. Les Afghulis.


Elle resta allongée sur le sol pendant un bon moment, ses yeux se perdaient dans l’immensité du ciel azuré. C’était comme si elle se réveillait après un mauvais rêve. Toute la peur et la frustration s’envolaient en un instant. Kalendra ne pensa même plus à s’éloigner des ruines, l’année qu’elle venait de passé avait disparue de sa mémoire. Tout ce qui restait, c’était la jeune femme, le ciel envoutant et les plaines arides.

Finalement, elle se ressaisie et se releva péniblement. Ses habits étaient couverts de poussière, des taches grasses et de sang. Après un bref tour d’horizon, elle repéra un petit point d’eau, légèrement en contrebas. Elle descendit à vive allure vers le liquide salvateur. Cela ne l’avait pas encore frappée, mais sa bouche et sa gorge étaient desséchés. Après avoir vérifié qu’il n’y avait personne en vue, elle se jeta dans la petite marre avec plaisir.

Elle n’avait pas ressenti le contact de l’eau fraiche sur sa peau depuis … une éternité. Elle frotta ses vêtements contre de la pierre avec insistance pour essayer de les décrasser, sans grand résultat. Alors qu’elle se frottait la peau avec conviction, elle baissa la tête et vit son reflet dans l’eau. Après un an sans voir son visage, elle sursauta, incapable de reconnaître la personne qu’elle voyait.

Son visage s’était creusé de façon cadavérique. De profonds cernes entouraient ses yeux et son teint était livide. Ses cheveux tenaient à présent plus de la crinière qu’autre chose. Autres fois rousse, elle était maintenant brune à cause de la couche de saletés qui recouvrait sa chevelure. Kalendra était abasourdie de se voir ainsi. Jamais elle n’aurait cru que cette année la marquerait autant.

C’est la tête pleine de questions qu’elle se rhabilla. La jeune femme essayait de faire le point sur sa situation. Jusque la, son voyage ne lui avait guère réussi. Elle avait échappé de peu à une épidémie, survécue à une mutinerie, à un naufrage… Sans compter l’année d’emprisonnement passée.

Elle se demandait si l’Iranistan valait vraiment le coup. Après tout, elle était persuadée en avoir appris plus lors de son voyage qu’elle n’en apprendrait en Iranistan. Au final, ne dit-on pas que l’important n’est pas la destination, mais le voyage ?


Le soleil commençait à descendre derrières les hautes montagnes rocailleuses et Kalendra ne savait toujours pas quelle direction prendre. Plus d’une année s’était écoulée, elle pourrait donc théoriquement rentrer dans son clan. Elle y serait bien accueillie. Cependant, un sentiment d’inachevé s’emparait du cœur de la jeune femme. Elle avait la cruelle impression d’avoir perdu son temps et de ne pas avoir progressée.

Dans tous les cas, elle devait faire route vers l’ouest. Elle se trouvait pour le moment en Vendhya, le pays civilisé le plus éloigné de Tarentia. Seul le géant Khitai osait s’aventurer plus à l’est. Deux options s’offraient donc à elle : Continuer vers le nord, passer par le Kosala puis l’Iranistan et avancer vers l’ouest ou bien trouver un navire et refaire la traversée.

Or, depuis son dernier voyage maritime, elle tenait les navires et la mer en horreur. Il lui était totalement impossible d’envisager refaire l’affreux voyage. Sans compter qu’elle n’avait plus un sous pour payer son billet. Une seule option, donc.

Le soleil avait disparu depuis longtemps derrières les dunes mais Kalendra restait toujours plantée la, à réfléchir. Depuis un moment, une nouvelle partie de l’équation rentrait en ligne de compte : Corch.

La Cimmérienne se demandait comment avait finit le garçon. S’était-il enfuit ? Avait-il été sacrifié au nom de je-ne-sais quel dieu ? Rien n’était moins sur. Courageusement, elle se disait qu’elle n’avait vu aucun corps près de l’immonde autel…

De plus en plus puissant, le doute s’insinuait dans son esprit, balayant toutes les autres options. Le choix devenait de plus en plus limpide dans sa tête : Elle voulait revoir le jeune homme. Après tout, sans ses enseignements, elle n’aurait jamais pu s’en sortir. Les dettes, pour les fils de Crom, étaient sacrées. Mourir sans avoir remboursé une telle dette serait un immense déshonneur pour elle et ses ancêtres. Et puis… elle le trouvait charmant.

La lune approchait de son zénith quand elle se décida enfin à bouger. Elle n’arrivait même plus à entrevoir la porte massive à cause de la pénombre. Avec un dernier regard de défi vers les hauteurs, elle se détourna et prit le chemin de l’est.

Elle avait décidée de retrouver l’Afghuli, ou qu’il se trouve et elle ne quitterait pas Vendhya tant qu’elle n’aurait pas remboursé sa dette…



Dernière édition par Kalendra le Sam 16 Jan 2010 - 17:41, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: [BG + Fiche] Kalendra   Sam 16 Jan 2010 - 17:39

VIII. Amis ou Ennemis ?


Ce qu’il fallait bien comprendre en Vendhya, c’est que deux peuples bien distincts se disputaient le territoire tout entier. Les Afghulis qui vivaient dans les collines revendiquaient la terre en prétextant qu’ils étaient la en premier. De l’autre coté se trouvait toute la société organisée en castes.

A la tête du pays, on trouvait les érudits, appelés Brahma. Pour la plupart, ils étaient les descendants de nobles Hyrkaniens qui avaient envahies le pays, des décennies auparavant. En dessous d’eux se trouvait la caste des guerriers, les Kshatriyas. Eux aussi descendaient des Hyrkaniens mais n’avaient rien de noble.

On trouvait ensuite la caste des marchands et artisans qui portaient le titre de Vaisyas. Ils fournissaient la plupart des matières premières nécessaires à l’économie Vendhyane. Pour finir, tout en bas de l’échelle, il y avait les Sudra, des paysans. C’était la caste la plus peuplée mais aussi la plus pauvre.

Les habitants de ce pays ressemblaient en de nombreux aspects aux Stygiens. Leur couleur de peau n’était que l’exemple le plus flagrant. Depuis toute petite, on avait appris à Kalendra à se méfier de ces gens la. C’est donc avec prudence qu’elle prit la route de l’est pour longer un petit sentier à moitié recouvert d’herbes mortes.

La jeune femme se retrouvait sans nourriture ni eau et la température en journée était à peine supportable pour elle, qui était habitués aux climats froids de la Cimmérie. Au bout d’un moment, elle finit par marcher la nuit et se reposer le jour. A la fraicheur de la lune, la chaleur était bien moins écrasante.


Au fil des jours, l’inquiétude s’empara d’elle car elle n’avait encore aperçu aucun signe de vie. Elle marchait pourtant à bon rythme. Le soir, dés que le soleil entamait sa chute, elle reprenait la route jusqu'à l’aube.

Au bout de cinq jours, elle aperçu au loin un vaste canyon qui déchirait le paysage. Ce n’était pas tant le relief qui était frappant mais plus la longue trainée de fumée qui s’échappait du trou béant. Elle augmenta le rythme et mit seulement quelques heures pour arriver à destination.

Elle s’approcha avec prudence, plus silencieuse qu’une panthère. Même avec la distance, elle entendait de nombreuses voix s’élever des profondeurs. De toute façon il allait bien lui falloir trouver à boire et manger.

Décidée mais non moins effrayée, elle parcouru les dix derniers mètres en rampant pour jeter un coup d’œil vers le bas. Il y avait tout un camp installé à l’ombre des falaises. De nombreuses tentes parsemaient le sol et une cinquantaine d’hommes festoyaient avec joie tout en buvant plus que de raison.

Après quelques secondes d’observation, elle commença à se demander si c’était vraiment une bonne idée de descendre vers le groupe. Après tout, elle ne savait pas s’ils étaient amis ou ennemis. Et quand bien même ils auraient été des Afghulis, connaître Corch ne lui assurait pas forcément d’être bien reçue. Elle restait une étrangère, même pour ces hommes aux mœurs si proches des tribus Cimmériennes.

Ses réflexions furent stoppées net par le contact d’un objet pointu contre son dos. Elle leva les bras lentement et ouvrit les mains pour signifier qu’elle se rendait. Sans un mot, la pointe de la lance se retira légèrement de son dos, comme pour lui intimer l’ordre de se lever.

Elle se retourna et contempla l’homme qui se tenait en face d’elle. Il était petit et maigre. Son visage était dissimulé par un turban enroulé qui ne laissait apparaître que ses yeux. Il portait des vêtements amples et brandissait une longue lance sous la gorge de Kalendra. Avec un signe de tête, il la poussa à s’engager sur la pente pour descendre dans le Canyon.

Dès que la troupe vit l’éclaireur revenir avec une prisonnière, les chants et l’alcool disparurent, remplacés par de multiples bruits métalliques de lames sorties de leur fourreau. Avec une rapidité hallucinante, les hommes prirent tous leur position, prêts à en découdre si la jeune fille était une éclaireuse.

Elle fut pousser jusqu’au chef de la bande qui chevauchait un magnifique étalon noir. Le cavalier était large d’épaules. Son visage était basané et ses yeux bleu clair semblaient pouvoir vous foudroyer sur place. On ne l’avait pas ligotée mais au moindre mouvement, elle sentait que les hommes n’hésiteraient pas à la tuer.


Avec un regard dédaigneux, le chef s’adressa à elle.

- Qui es tu, étrangère ? Sa voix était rocailleuse et autoritaire.
- Une Cimmérienne. Répondit Calmement Kalendra. Elle se tenait droite, ne laissant pas transparaitre la peur qui étreignait son cœur.
- Conneries ! On n’a pas vu de Cimmérien dans cette partie du monde depuis des années. Il cracha au sol pour ponctuer son affirmation.
- Et pourtant je suis la. Mon navire s’est échoué et j’ai été emprisonnée dans un temple, à l’ouest d’ici.

Sans prévenir, le guerrier empoigna son épée et la plaqua contre la gorge de la jeune fille, qui releva le menton.

- Maintenant je suis sure que tu mens. Personne ne s’est jamais échappé de ce temple. Donne-moi une seule raison de ne pas te tuer sur le champ ! Il appuya un peu plus sa lame et une petite coulée de sang commença à rouler sur la gorge de Kalendra.

Jouant le tout pour le tout, la jeune femme cria pour répondre.

- J’ai vu Corch ! Il était prisonnier lui aussi ! Elle ne savait pas s’ils connaissaient le jeune garçon mais c’était sa seule chance de s’en sortir en un seul morceau.

Immédiatement, la pression de la lame se relâcha, laissant Kalendra respirer à grandes bouffées. Après quelques instants de réflexion, le chef lui ordonna de dire tout ce qu’elle savait. Elle entreprit donc de lui raconter son histoire depuis son arrivée en Vendhya.

Les hommes connaissaient bien Corch. Il était le fils du chef d’une autre tribu d’Afghulis. Il n’y avait eu aucune nouvelle de lui depuis près de deux mois. Vishnam, c’était le nom de l’imposant personnage, avait lancé des patrouilles à la recherche du jeune homme quelques jours auparavant. Tout ce qu’ils avaient trouvé était le cadavre d’un Kshatriyas, normalement stationné dans la ville la plus proche.

Tout ceci poussait Vishnam à croire que Corch avait été enlevé par le Brahma de la région. Les escarmouches avec l’armée étaient régulières par ici mais jamais les deux camps ne s’étaient livrés à une guerre ouverte. Après quelques instants de réflexions, le chef reprit la parole avec une voix teintée de défiance.

- Et que veut tu que l’on fasse gamine ? hein ? Nous ne sommes qu’une bande contre toute une armée !
- Alors indiquez moi la ville la plus proche et laissez moi y aller ! répondit-elle, presque en criant.
- Toi ? Ne me fait pas rire ! Tu ne ferais pas de mal à une mouche !

Tous les hommes éclatèrent de rire de concert. Kalendra ne perdit alors pas un instant. Avec la rapidité d’un félin, elle se saisit de la dague qu’elle avait cachée dans la doublure de sa veste déchirée et la plaqua contre la gorge de Vishnam, qui n’avait même pas encore arrêté de rire.

Aussitôt, un silence éberlué tomba sur le camp de fortune. Kalendra reprit la parole d’une voix forte, pour se faire entendre de tous.

- Si je voulais ta mort, ta tête roulerait déjà sur le sol ! Tu me crois incapable de cette tache, mais j’ai déjà affronté la mort plus souvent que la moitié des hommes ici présents ! Alors ne me dit pas ce que je ne peux pas faire !

Le grand gaillard resta médusé puis il repartit d’un rire gras et tonitruant.

- tu as des tripes ! Ca je ne peux pas te l’enlever ! il marqua une petite pause. Soit ! Je te laisse la vie sauve. Tu trouveras la ville la plus proche, Kalim, à deux jours de marche au sud ouest. Prend un peu d’eau et de nourriture mais je te préviens : n’attend rien de plus de nous.

Sans rien ajouter de plus, Kalendra baissa sa dague et tourna les talons pour aller remplir sa besace de provisions. Elle fendit la foule amassées autours d’eux en dardant des regards de défis à quiconque posait les yeux sur elle.

Elle repartit ainsi sur la route de Kalim sans imaginer une seule seconde les dangers auxquels elle devrait faire face…


Dernière édition par Kalendra le Sam 16 Jan 2010 - 17:40, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: [BG + Fiche] Kalendra   Sam 16 Jan 2010 - 17:40

IX. Kalim

Le soleil du désert brulait les yeux et la peau de la jeune femme. Les frusques qu’elle portait sur le dos n’empêchaient pas les coups de soleil et au bout de quelques jours, sa peau étaient aussi tannée qu’une peau de cuir. Mais cela ne l’arrêtait pas. Inlassablement, elle continuait d’avancer avec obstination. De ce coté la, elle était bien une Cimmérienne …

Il semblait que Vishnam, le chef de la tribu qu’elle venait de quitter, s’était bien moqué d’elle. Deux jours de marche ? Tu parle, cela faisait maintenant prés de quatre jours qu’elle avançait sans jamais rien apercevoir à part cette vaste étendue de sable ondoyant qui commençait à la rendre folle. Heureusement pour elle, Kalendra s’était allègrement servie en eau et nourriture. Sans ça, elle serait déjà tombée et les vautours n’aurait guère fait de manière pour lui dévorer les yeux…

Elle n’en voulait cependant pas au chef. Le fait qu’une gamine l’ai tenu en respect avec une dague devait avoir salement émaillé le respect de ses hommes. Quoi de plus naturel pour ces hommes que de vouloir se venger ? Toute leur vie, ils l’avaient passé dans ce désert aride à éviter les patrouilles de soldats. Pour eux, l’existence n’était qu’une longue bataille ou il n’y avait pas de place pour les faibles. Et Kalendra commençait à ressentir la même chose. Mais pour le moment, elle ne pouvait décoller ses pensées de Corch.

Il ne lui restait plus rien à part le jeune homme. Elle avait bien songé à repartir en Cimmérie pour retrouver son clan, mais elle ne pouvait se résoudre à abandonner le jeune garçon. La jeune femme ne comprenait pas ce qui se passait dans son cœur. Toute son enfance, on lui avait appris à réfléchir froidement, méthodiquement et à tirer le meilleur parti d’une situation. Mais à ce moment précis, elle refusait de repartir vers l’ouest. Elle savait pourtant bien que le chemin qu’elle empruntait n’était ni le plus sur, ni le plus censé. Elle se laissait guider par ses sentiments.

Au terme du cinquième jour, alors que ses réserves diminuaient de façon alarmante, elle aperçu finalement les minarets et les hautes tours qui étaient caractéristiques de l’architecture de ce pays. Avec la distance et la chaleur de plomb, les murs semblaient bouger mais elle refusa de croire que son esprit pouvait lui jouer des tours. Avec une ardeur toujours plus forte, elle accéléra son pas.

Kalendra n’avait pas encore réfléchit à ce qu’elle ferait au moment ou elle trouverait l’endroit ou était détenu Corch. Au fond d’elle-même, elle se disait qu’elle n’y arriverait probablement jamais, alors à quoi bon se torturer l’esprit ? Mais le fait est qu’elle avait atteint sa destination, n’en déplaise aux éléments qui avait tout fait pour voir ses os blanchir au soleil.

Après avoir longuement réfléchit, elle décida qu’il serait stupide de se présenter aux portes de la ville. Elle avait une mauvaise impression à propos de Kalim. Peut être était ce du au sourire carnassier que lui avait adressé Vishnam en lui indiquant la route… Peu après l’aurore, ses craintes se virent fondées à mesure qu’une longue caravane de prisonniers entrait dans la ville. Ce n’était pas une cité mais une vaste prison…


Elle entreprit de longer les hautes murailles, pour trouver un endroit ou escalader. Cela semblait stupide, mais elle ne voyait pas d’autre alternative. Peu après minuit, elle tomba cependant sur un système d’évacuation des eaux. Le tunnel était assez grand pour qu’elle puisse s’y glisser mais l’entrée était obstruée par une grille rouillée et tordue.

Il ne fallut pas longtemps à la jeune femme pour tordre suffisamment un barreau pour lui permettre de se glisser dans l’ouverture. Elle avait beau être épuisée tant physiquement que moralement, elle possédait quand même des ressources insoupçonnées, héritage de décennies de vie en milieu hostile.

L’odeur dans le boyau était insupportable, mélange de déjections et d’eau croupie. Des parois elles mêmes suintait un liquide visqueux et verdâtre. Heureusement pour elle, Kalendra n’était pas claustrophobe et elle parvint à se glisser sans grand soucis, rampant à plat ventre dans la crasse. La faible lueur de la lune s’éloignait de plus en plus et elle se retrouva bientôt dans l’obscurité la plus totale. Régulièrement, elle entendait le bruit des griffes de rongeur sur la pierre brute.

Apres ce qui lui parut une éternité, elle finit par apercevoir un fil trait de lumière qui perçait les ténèbres à quelques mètres d’elle. Mais ce qui l’inquiétait plus, c’est les bruits qui commençaient à se faire entendre au dessus d’elle. Des hommes parlaient bruyamment mais leur voix ne couvrait pas les supplications et plaintes d’un homme qui se faisait visiblement torturer…

Au fond d’elle-même, elle priait pour que ce ne soit pas Corch et elle redoubla d’efforts pour approcher de la lumière. Elle se retrouva ainsi sous une lourde grille en fonte qui donnait sur un couloir mal éclairé. Il lui était impossible de sortir maintenant avec les bruits environnant. Patiemment, elle attendit son heure. L’obscurité du tunnel lui avait fait perdre tout repère temporel. Au bout de ce qu’elle estima être quelques heures, les bruits s’estompèrent et elle put commencer a doucement soulever la grille.

Elle y parvint après un effort hallucinant. Pour une fille qui était déjà a bout de force en arrivant, cela relevait de la prouesse. Elle se hissa sans bruit dans le couloir. Personne en vue. De chaque coté, des cellules étaient alignées, fermées par d’épais barreaux en fer. Voutée sur elle-même, la Cimmérienne entreprit d’examiner chaque cellule à la recherche de l’Afghuli.

Ce a quoi elle assistait était un spectacle pitoyable, à la limite du soutenable. Dans chaque cellule, des hommes étaient entassés les uns sur les autres, nus pour la plupart. De profondes marques jonchaient leur corps. Fer rouge, coupure, brulure… Ces pauvres êtres semblaient avoir fait face à tous les tourments imaginables.

Kalendra ne put retenir une larme de couler alors qu’elle arpentait le couloir. A son passage, la plupart des prisonniers se serraient dans un coin en gémissant. Ils ressemblaient plus à des animaux traqués qu’a des êtres humains. Elle finit par apercevoir Corch dans une des cellules.

Physiquement, elle avait du mal à le reconnaître. Il avait dramatiquement maigri et de profonds cernes marquaient son visage. Il avait le regard dans le vide, prostré contre le mur. Il leva les yeux sans qu’aucune émotion ne soit lisible dans son regard. Il mit plusieurs secondes à reconnaître la jeune femme alors qu’elle se jetait à genou contre les barreaux. A présent, elle pleurait à chaude larme, comme si toute la pression de ces dernières semaines se relâchait tout à coup. Apres plusieurs minutes à lui toucher le visage et à l’embrasser a travers les barreaux, Kalendra essaya de forcer la serrure avec sa dague. Mais rien n’y fit, c’était de la bonne ferronnerie. Seul la clé ou un levier ferait bouger les lourdes portes.


Corch sortait doucement de sa stupeur. Il avait du mal à réaliser que la jeune femme était venue pour lui. Au bout de quelques instants, il prit la parole d’une voix rocailleuse et faiblarde.

- Kalendra ? C’est bien toi ?
- Oui ! Je suis venue te sortir de la ! Elle riait presque en parlant, son regard plongé dans celui de l’Afghuli. Comment te sortir de la ?!
- Au bout du couloir, il y a un gardien. Il passe son temps à dormir. Il a les clés à la ceinture. C’est la seule chance !

La jeune femme hocha la tête avec conviction et entreprit de se rendre à l’autre bout du couloir à pas feutrés. Les détenus entrevoyaient une chance de s’échapper et ils commençaient à bouger et à parler. Elle avait beau leur faire signe de se taire, les pauvres âmes apercevaient enfin une lueur d’espoir…

Jamais elle n’avait été aussi nerveuse, à la limite de la panique. Elle respira profondément et s’avança près du garde. Plus que quelques mètres… elle touchait à présent les clés du bout des doigts. Comme prévu, le garde ronflait à plein poumons. Elle tenait à présent le trousseau de clés à la main et essayait de le décrocher du ceinturon du garde. Elle posa la dague qu’elle tenait dans la main gauche sur la petite table à coté pour que ce soit plus facile mais elle reversa la tasse du garde au passage…

Il ouvrit doucement les yeux, sortant de sa rêverie pour se retrouva nez à nez avec une jeune fille rousse qui ressemblait à une sauvage. Aussitôt, une lueur malsaine apparut au fond des yeux de la Cimmérienne et elle plongea sa dague dans la gorge du soldat, sectionnant ses cordes vocales et libérant un torrent de sang. Sans se démonter (elle n’en était plus a son premier meurtre) elle arracha vigoureusement le trousseau de clé et reparti en courant vers la cellule. Elle ne cherchait plus à être discrète à présent. La majorité des détenus s’étaient levés en voyant Kalendra tuer le garde et frappaient contre les barreaux en beuglant. La garde ne tarderait pas à arriver…

Maladroitement, elle glissa la clé dans la serrure et ouvrit la lourde grille. Presque aussitôt, un flot de prisonniers la bouscula pour se ruer dans le couloir. L’un d’eux arracha les clés et entreprit d’ouvrir les autres cellules. Apres quelques minutes, prés de cent prisonniers hurlaient dans le couloir, bloquant le tunnel par lequel Kalendra était arrivée.

Elle passa un bras autour de la taille de Corch et l’aida à se relever en grognant. A partir de la, elle ne savait plus quoi faire. A l’autre bout du couloir, une cavalcade se faisait entendre dans l’escalier. Les gardes étaient la.

Une furieuse mêlée commença entre les geôliers et les prisonniers. Ces derniers n’avaient ni armure ni armes mais se battaient avec la force du désespoir. Les gardes furent très vite débordés et ils battirent en retraite dans l’escalier en tombant comme des mouches.

Corch pouvait à présent marcher seul mais Kalendra restait collée à lui. Leur seule option était de suivre la foule furieuse vers la surface. Au passage elle attrapa un glaive dans l’escalier vu que sa dague était restée figée dans la gorge du premier garde. Corch quand à lui ramassa un arc et un carquois qu’il jeta sur son épaule.

La lumière du soleil commençait à peine à éclairer la prison qu’une mêlée démente avait déjà lieu sur la grande place. Tous les gardes descendaient des murailles pour se fondre dans le flot de combattants.

Nul doute que le combat tournerait vite en faveur des tortionnaires. Il fallait absolument que Corch et Kalendra sortent de la ville avant cela. Malheureusement pour eux, la seule sortie était complètement bouchée par les prisonniers. Ils étaient prient en tenaille entre les gardes défendant la porte et ceux s’accumulant à l’arrière. Plus les minutes passaient, plus la situation semblait désespérée.


Les deux jeunes gens durent se défendre à plusieurs reprises alors que des gardes fonçaient sur eux. Corch décochait ses flèches avec une précision et une dextérité meurtrière, ne ratant jamais sa cible. Kalendra quand a elle ne faisait pas dans la dentelle. Malgré sa taille et sa condition physique, elle esquivait sa cesse pour plonger sa lame dans le corps des soldats coup sur coup.

Tout semblait perdu. Des dizaines de prisonniers gisaient au sol, mort ou en passe de l’être. Les gardes ne faisaient preuve d’aucune pitié. Les derniers survivants, y compris Kalendra, furent doucement acculés contre un mur. C’était la fin, tous le savaient. Certains commençaient à prier leur dieu pendant que les autres maudissaient les gardes. Personne n’avait peur. Ils avaient déjà tous subit les pires tourments pendant leur détention. Mourir en homme libre une arme à la main était tout ce qu’ils pouvaient encore attendre de la vie.

Alors que les gardes levaient leur lame pour frapper, un son puissant se fit entendre par delà les murailles. Un cor de guerre résonna a plusieurs reprise et une clameur sauvage se rapprochait de la prison, accompagnée par le martellement d’un grand nombre de chevaux sur le sol aride. Aussitôt, les soldats entourant le petit groupe se précipitèrent vers la grande porte.

Ils l’atteignirent au moment même ou le groupe de cavaliers passaient la grande arche. Ils furent fauchés et disloqués par les grandes montures noires. Ceux qui parvinrent à esquiver la charge tombèrent sous les coups de sabre et de masse.

Au centre de cette nouvelle boucherie se trouvait Vishnam, beuglant et frappant à tour de bras. Les Afghulis avaient suivit Kalendra et lorsqu’ils avaient vu qu’une étrangère avait aidé les leurs, ils n’avaient pas pu rester sans rien faire. Il ne leur fallu quelques minutes pour transformer la prison en un vaste charnier. L’édifice était maintenant aussi silencieux qu’un tombeau.

Kalendra n’en croyait pas ses yeux. Elle tomba à genoux avec Corch à ses cotés. La jeune femme ne put se retenir de rire aux éclats, plus nerveusement qu’autre chose.

Ils étaient sauvés …
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[BG + Fiche] Kalendra

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